Son of Malice Messages postés : 36 Voyageur  |
Posté le 16/10/2005 17:00:53 | | 25 jours après Devont
Gimras venait juste d’arriver au village d’Irft .C’était un petit village sur la route de Nuln. Il avait marché une dizaine de kilomètres mais il se sentait déjà fatigué. C’est vrai qu’il n’a jamais eu une bonne constitution, mesurant 1,80 m pour 60 kg, il avait une silhouette maigre et toute en os. Sur le plan physique, il avait une carrure sous développée et c’est avec grand peine qu’il fournissait un effort quelconque. Il loua une chambre au Cerf blanc, une auberge située près du centre du village. Après avoir déposé ses bagages dans sa chambre, il descendit à la taverne pour boire une liqueur locale, « La vengeance du tavernier ». L’histoire raconte qu’un jour, un tavernier de la région avait découvert qu’il était cocu. En méditant sa vengeance, il attendit que l’amant de sa femme vienne boire dans son établissement pour le narguer. Il lui servit alors sa spécialité avec un petit ajout. L’histoire raconte aussi qu’il fallut 3 jours à l’amant avant de mourir, 3 jours atroces, effroyables, terribles. En réalité la vengeance du tavernier était juste une liqueur de citron, ma foi fort agréable à consommer. Apres trois verres, l’esprit de Gimras embrumé par l’alcool dériva vers les événements qui se passèrent il y à 25 jours à un autre relais routier du nom de Devont…. Il faisait nuit noire, un hurlement strident déchira l’air et tout tourna au cauchemar. Une créature plus grosse qu’un loup et légèrement plus petite qu’un ours apparut en bordure du village. Elle était dotée d’une mâchoire surdimensionnée et possédait aussi une force hors du commun. La milice de Devont essaya tant bien que mal soit d’arrêter la bête, soit de sauver un maximum de villageois en les regroupant dans l’auberge qu’elle défendait. Le malheur devait s’acharner sur le bourg car il s’averra que la défense de la taverne fut inefficace et l’auberge se transforma en une véritable boucherie. Gimras, quant à lui, se réveilla au petit matin dans un talus humide proche du relais. Il fut tiré de sa torpeur par l’aubergiste qui lui demandait s’il voulait une autre consommation. S’apercevant qu’il avait déjà vidé 7 verres, il en commanda un nouveau et assura aussi qu’il avait de quoi payer. En effet à Devont, les morts n’avaient plus besoin de leur argent. Il donna une généreuse somme à son interlocuteur en lui commandant qu’il ne voulait jamais voir le fond de son verre. Le reste de la soirée se passa dans un doux oubli apporté par la boisson.
26 jours après Devont
Ce jous commença par un frais matin dans lequel une brise venant du nord faisait frissonner les paysans et autres travailleurs matinaux. Gimras passa cette matinée bien au chaud dans son lit. Quand une servante monta voir si tout allait bien, il lui commanda son déjeuner et lui laissa une pièce de cuivre pour son magnifique sourire. Il passa le reste de son temps entre lire, manger et bavarder avec la servante dès elle trouvait du temps libre. Il descendit néanmoins pour midi, alléché par les odeurs provenant des cuisines. Le repas fut constitué de sanglier, pommes de terre et d’haricots, le tout le tout arrosé d’une bière qui se laissait boire. Il se mit ensuit à la terrasse et refit la même recommandation que la veille. En fin d’après midi, une troupe de répurgateurs traversa le village et rappela de bien mauvais souvenirs à notre consommateur. IL réentendait les cris des mères qui serraient leurs enfants dans leurs bras, les ordres paniqués de la milice et les pleurs hystériques des bambins. Il sentait aussi la fumée d’une des maisons qui avait pris feu, dans la panique qui suivit l’apparition de la bête. Les souvenirs passèrent et il revient à Irft, les répurgateurs étaient partis et le soleil déclinait dans un exceptionnel couché virant du rose à l’orange teinté de rouge. En contemplent son gobelet à moitié vide, il décida de rentrer à la recherche d’un quelconque divertissement qu’il trouva en la compagnie de cette jeune et gracieuse servante.
27 jours après Devont
Cette journée là, Gimras décida de profiter de l’air vivifiant du matin, il invita la servante mais il fallut d’abord discuter avec l’aubergiste. Quelques pièces plus tard, les deux tourtereaux purent partir se balader dans les bois. Ils bavardèrent de tout et de rien. Ils trouvèrent en chemin le reste d’un repas abandonné par un carnivore. Cet événement fut oublié quand Gimras fabriqua un collier de fleurs des bois pour sa compagne. A midi, ils pique-niquèrent dans une grande clairière, puis ils continuèrent à faire connaissance le reste de l’après midi et rentrèrent au soir. Cependant ils ne purent continuer la soirée ensemble car sa douce amie devait accomplir les taches qui l’attendaient. Gimras monta dans sa chambre mais ne s’endormit pas tout de suite. En effet, la découverte du gibier à moitié mangé avait éveillé en lui un sentiment bizarre, comme une chose familière, presque venant de lui. Il sombra dans un sommeil sans rêve.
28 jours après Devont
Ce jour-là, Gimras se réveilla dans une forme à laquelle il n’était pas habitué. Il descendit dans la salle commune pour prendre son petit déjeuner, il voulut parler à cette servante qui lui avait pris son cœur mais elle était partie dans un village voisin pour faire des courses. Quelque peu démotivé, il s’installa à la terrasse passant son temps à boire. L’après midi arriva et toujours pas de nouvelle de sa mie. Au soir venu, enfin, elle apparut et lui sourit. Il rentra pour lui parler mais elle devait ranger ses achats, néanmoins elle lui dit : « On se retrouve à 10 h pour une balade », une lueur taquine dans les yeux. Gimras avait la langue pâteuse et l’esprit embué par l’alcool, il eut cependant un éclair de lucidité et répondit : « Mais il fera noir à 10 h ». Elle éclata de rire et entre deux élans d’hilarité réussit à lui dire : « C’est la pleine lune, gros bêta et il fera assez clair pour faire certaines choses ». Et le plantant là, elle partit aux cuisines. Quant à Gimras, lui, il se souvenait de ce qui c’était passé à Devont. Il se trouvait dans une chambre sans prétention et regardait le petit bourg s’endormir. Son regard fut attiré par la lueur qui provenait des lunes jumelles. Maintenant il savait, il était cette bête tellement sauvage, tellement puissante. Il se souvenait de la pathétique défense autour de l’auberge, la suite avait été un délice de chair et de sang. Le mot exact serait plutôt une orgie des sens. Jamais sous la forme du fils de marchand, on ne l’avait pris vraiment au sérieux, étant vite intimidé et perdant à tous les coups les négociations avec d’éventuel acheteur. Mais sous l’autre forme, il se sentait si puissant, pouvant rivaliser avec des créatures les plus violentes du vieux monde. Sous cette apparence et pour une nuit, il pouvait voir la peur qu’il inspirait, pour une nuit il était important. Puis quelqu’un lui prit la main, sursautant en revenant dans le présent, il s’aperçut qu’il suivait la servante dehors. La nuit était tombée et on pouvait apercevoir les lunes jumelles. Sentant déjà la bête se manifester en lui et appréhendant avec gaîté son réveil, ne doutant pas que la chair délicate de sa compagne devait avoir un goût doux au palais. Il espérait aussi que la milice d’Irft était plus compétente que son homologue de Devont, histoire de s’amuser un peu. Et avec son plus beau sourire il demanda : « On y va ? ».
15 jours après Irft
Les deux voyageurs venaient juste d’arriver dans le poste de relais qui jouxtait la route. Le marchand, ça ne pouvait être qu’un marchand car quels imbéciles iraient se promener sur les routes de l’empire par ces temps troublés, demanda à sa compagne : « Crois-tu que tu pourras t’habituer au changement ? » Cette dernière répondit : « On verra et ma foi si ce n’est pas le cas, ce n’est pas moi qui en souffrirai. » Et c’est en éclatant de rire qu’ils finirent leur consommation.
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