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Auteur : Sujet: Chapitre cinq  Bas
 Archicon
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 Empereur
 Archicon
  Posté le 25/10/2005 16:40:55
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Daphné était perdue dans ses pensées, penchée au-dessus de la rambarde de son balcon. Malgré la fraîcheur de la soirée, elle n’avait pas froid.  La petite brise vivifiante l’aidait à réfléchir clairement à tout ce qui s’était passé durant cette semaine.
Automatiquement, son regard se posa sur la caserne des chevaliers d’élite du royaume. Elle aperçut les silhouettes s’affronter, à pied, à cheval. Elle sourit. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas assisté à une joute ou à un duel.  Elle éprouvait toujours un certain désir en voyant ces jeunes hommes combattre. Elle admirait secrètement  les chevaliers et aurait bien aimé les imiter. Mais, elle n’était qu’une femme, qui plus est, de sang royal. Combattre lui était donc interdit. Seuls les hommes pouvaient guerroyer. Alors, elle gardait ce secret profondément enfoui dans son cœur. Même Févriel n’était pas au courant. Elle qui ne pensait qu’à courtiser des jeunes hommes, nobles ou pas, à les séduire avant de les mettre dans son lit !…Dans son lit, façon de parler, car ses ébats amourettes avaient lieu n’importe où, mais rarement dans sa chambre.
Elle s’ébroua mentalement et porta à nouveau son regard sur la cour de la caserne. Un cercle s’était formé autour de deux silhouettes. Surprise, elle se précipita dans sa chambre pour aller prendre une longue-vue, puis revint en courant sur le balcon afin d’examiner les deux ombres.
Elle eut un sursaut de surprise en reconnaissant Richter d’un côté et de l’autre, ce sergent qu’elle commençait à  apprécier de plus en plus. Au début, elle crut qu’il s’agissait d’un véritable duel avant qu’elle ne se rende compte qu’ils s’affrontaient avec des épées en bois, spécialement prévues pour l’entraînement. Mais, si ces armes factices ne pouvaient tuer, elles pouvaient assommer! Les deux hommes étaient en chemise, et chacun portait un bouclier rond.
Le duel s’engagea sous les cris des autres chevaliers qui assistaient au spectacle.
Plusieurs coups furent échangés, mais timidement, chacun testant son adversaire. Puis le combat commença véritablement lorsque le général se précipita sur le sergent qui esquiva le coup en sautant de côté. Il abattit à son tour sa lame, mais, promptement, le général leva son bouclier et dévia le coup. Puis les deux épées se croisèrent, encore et encore. Richter tenta de feinter à gauche pour attaquer à droite, mais le jeune homme recula de plusieurs pas et para aisément l’estocade. Il revint à la charge et frappa. Il toucha le bouclier tandis que l’épée de son adversaire lui frôlait la tête. Il eut juste le temps de se pencher et d’effectuer une roulade sur le sol avant de se rétablir promptement et de bloquer l’offensive du général qui n’avait pas perdu son temps. Un genou à terre, le sergent grimaça et poussa de toutes ses forces. Surpris, le général vacilla et fit plusieurs pas en arrière.
Les deux hommes se firent à nouveau face.  Ils ne transpiraient pas et ne semblaient pas fatigués. Daphné s’était toujours demandé comment cela était possible. Elle assista donc, passionnée, au second round. Parker frappa le premier, une attaque déjouée par le général, souriant. Mais l’attaque était une feinte. Pendant que la lame frappait le bouclier, l’écu du sergent trouvait la hanche du général qui hoqueta de surprise et s’effondra, lâchant son bouclier. Il leva son arme, mais Parker la lui arracha des mains d’un coup de pied, pas assez fort pour blesser, mais suffisamment pour que l’arme factice aille retomber à plusieurs mètres de là. Puis le jeune homme mit sa fausse lame sur la gorge du général qui leva les mains.
Jamais, Daphné n’avait vu quelqu’un battre le général. Aussi fut-elle surprise. Et mi perplexe, mi envieuse, elle assista à la scène où, sous les applaudissements des autres chevaliers, Parker, avec l’élégance modeste du vainqueur, aida le général à se relever.
Elle se rendit compte qu’il s’était fait des partisans. Daphné baissa sa longue-vue. Elle connaissait un bon maître d’escrime, mais elle n’osait pas lui demander de lui apprendre le maniement des armes. Il  se serait sans doute moqué d’elle. Elle soupira. Elle tourna à nouveau son regard vers les silhouettes qui reprenaient leur entraînement et vit deux personnes pénétrer dans le Quartier Général. De l’endroit où elle se trouvait, elle ne pouvait dire de qui il s’agissait. Elle avait envie, soudainement, de revoir ce jeune homme, qu’elle n’avait pas vu depuis deux jours déjà, et de lui demander de lui enseigner l’art de la guerre. Quitte à  enfreindre les lois et règlements que lui avait imposés son père, sous prétexte de la protéger. De quoi ?

Parker se leva le lendemain matin  les membres ankylosés et souffrant d’un mal de tête.  La fatigue était due au duel, le mal de tête à l’interrogatoire. Il avait dit tout ce qu’il savait au sujet des généraux et des capitaines mais également d’Astrolé.
Il grimaça en se levant et se dirigea vers la baignoire remplie d’eau tiède. Il ôta ses vêtements et s’y enfonça avec délice.  Il n’allait pas se savonner tout de suite. Il voulait savourer quelques instants cette eau limpide et tiède. Il ferma les yeux. Il repensa à Daphné. Son souvenir le hantait, d’autant plus qu’il ne l’avait plus vue depuis … trop longtemps à son goût. Mais il savait qu’elle était quelque part dans le Palais. Désormais, il mangeait avec les autres nobles du Palais. Si le Roi lui faisait confiance pour les affaires de défense du royaume, tel n’était pas le cas au sujet de sa fille. Malgré sa contrariété, le sergent, au fond, le comprenait.
Il grommela et s’enfonça un peu plus dans l’eau.  Décidément il n’était pas pressé de commencer la guerre. Il avait bien changé. Il n’y avait pas trois mois, il était prêt à affronter Quatre Dragons ! Et ce revirement de situation ne cessait de le surprendre. Il soupira.
Il se serait endormi si quelqu’un n’avait frappé à la porte. Il ouvrit brutalement les yeux, ne sachant quelle attitude  adopter. S’habiller, rester dans son bain ? Il fallait savoir qui c’était.
-Qui est-ce ?
Une voix timide qu’il reconnut entre mille lui répondit, à voix basse.
Il grommela, sortit prestement de son bain et enfila une robe de chambre.
-Entrez !
Daphné entra, dans une robe bleue, épousant ses formes à merveille. Son regard alla de la bassine au jeune homme et elle rougit.
-Je vous dérange ?
-Pas du tout ! Mais que faites-vous ici ?
-J’ai décidé de vous rendre une petite visite…
-Pourquoi aujourd’hui et pas hier ou avant-hier ?
Elle ne répondit pas et Parker lui fit signe de s’asseoir.
-Que voulez-vous ?
-A vrai dire, j’aimerais que vous me rendiez un service.
-Un service ? Rien que cela ? Je vous écoute…
Alors que la princesse se retournait pudiquement, il enfila rapidement une chemise et un pantalon. Elle se retourna vers lui au moment où il rentrait sa chemise dans son pantalon. Rouge de confusion, elle détourna prestement le regard. La pudeur même, songea Parker en passant une ceinture.
-Quel service ? Reprit le jeune homme en s’asseyant  sur un fauteuil.
Elle hésita et répondit d’une voix hésitante et si faible qu’il  dut  prêter attentivement l’oreille pour l’entendre.
-Enseignez-moi à me battre…S’il vous plaît ?
Contrairement à ce qu’elle avait cru, Parker ne se moqua pas d’elle mais la considéra plutôt d’un air perplexe.
-Voyons, pourquoi voulez vous apprendre à combattre alors que vous êtes une jeune femme magnifique, protégée par des milliers de soldats ? Pourquoi risqueriez vous votre vie, alors que vous pouvez aisément vivre paisiblement sans rien faire, en restant ici…à écouter de la musique, je crois que vous aimez beaucoup l’opéra, à regarder des pièces de théâtre, à lire des livres…pourquoi…Daphné ?
Elle hésita.
-J’aime voir les chevaliers manier ces puissantes épées…
-Dangereuses…et qui, au cours d’une vraie guerre, verseront le sang…
-Certes…mais quand même…
-Comprenez-moi, je ne veux pas vous faire changer d’avis, chacun fait ce que bon lui semble. Mais…êtes vous bien  sûre que c’est cela que vous voulez ?
Elle hocha rapidement la tête, les yeux baissés vers le tapis rouge sur le sol. Parker se leva en se mordant l’intérieur de la joue.
-Vous, les femmes, avez un avantage. Vous êtes plus agiles qu’un homme. Cela peut donc vous sauver la vie…mais vous êtes moins fortes. Et si vous endossez une armure de plate, vous vous épuiserez vite. Donc, je vous recommande, dans un premier temps, d’aller changer de tenue : ce n’est pas avec une robe que vous allez pouvoir apprendre à vous battre et pendant que vous allez vous changer, j’irai chercher deux épées en bois et une cotte de mailles que vous endosserez. A tout de suite!
Folle de joie, Daphné se leva, et sauta au cou du sergent, surpris. Elle l’embrassa sur la joue et s’en alla au pas de course. Elle s’étonna de sa propre audace dont elle n’aurait jamais cru se savoir capable. Machinalement, le jeune homme  passa une main sur sa joue.
Dans les couloirs menant à sa chambre, Daphné se dit que c’était la première fois qu’un homme la prenait vraiment au sérieux, ne la rejetait pas pour ses idées plus ou moins absurdes.  Parker n’était tout simplement pas misogyne comme les autres soldats, comme les hommes en général. Elle était sûre qu’elle pourrait lui faire aveuglément confiance, mais son père, lui, ne le verrait pas de cet œil. Sa joie, alors qu’elle pénétrait dans sa chambre, fit place à la  mélancolie.

L’après midi débuta pour le général Richter.
Il fit face au général Dietrich, l’affrontant du regard.
-C’est une folie que de lui faire confiance, s’écria Dietrich. Peut-être est-il en train d’infiltrer nos rangs pour mieux ouvrir les portes de notre pays à Astrolé !
-Peut-être, mais peut-être pas, Parker m’a l’air honnête. Par contre ce que je ne crois pas, c’est qu’il soit resté ici uniquement pour les beaux yeux du Roi ou pour la beauté de notre pays. La vraie raison, je ne la connais pas mais je la saurai bien un jour …
-En attendant, gardez un œil sur lui.
-Grâce à lui, nous limiterons nos pertes ! Avez-vous averti, à l’aide de vos pigeons  voyageurs, les forteresses qui gardent la vallée ?
-Et comment, rétorqua Dietrich. Je persiste à croire que Parker nous trompe !
-Comme vous voulez, général. Sur ce, j’ai à faire…
Comprenant qu’il était inutile d’insister davantage, Dietrich tourna les talons et s’en fut devant le regard réjoui de plusieurs chevaliers qui avaient malencontreusement assisté à la scène.
Une lueur d’amusement dansait dans les yeux de Richter. Il accueillit donc, avec bonne humeur, plusieurs de ses capitaines.
-Si jamais Astrolé arrive devant notre cité…alors il faudra résister coûte que coûte. Il est certain que les royaumes des Pères, de la Paix et  des Licornes ne resteront pas indécis devant ce qui se prépare ! Nous avons tout de même envoyé des ambassadeurs pour demander de l’aide ! Ils peuvent encore venir à notre secours. Mais si jamais  n’arrivaient pas à arrêter Astrolé avant que celui-ci n’atteigne notre capitale, ou tout simplement s’ils sont en retard, alors il faudra lutter vaillamment contre cette horde de fous furieux.  Sachant qu’ils sont désorganisés lors des attaques, nous attendrons patiemment que les vagues d’assauts ennemis s’abattent sur nos murs et y laissent leur peau…avant de tenter une sortie. Je ne veux sortir que pour attaquer leurs machines de siège, tours et béliers. Il ne faut pas qu’une seule machine de guerre n’atteigne notre ville.
-Autant demander à un catholique né de devenir satanique, grommela un capitaine.
Richter sourit.
-Mais il est possible qu’un catholique passe du mauvais côté si le mauvais côté le paye suffisamment. Mais revenons à nos moutons. Certes, des échelles, comme des tours parviendront à nos murs. Mais en aucun cas, je dis bien, en aucun cas, je ne veux qu’un bélier n’atteigne la porte.
-Faudrait-il déjà qu’il passe les douves, remarqua un autre capitaine.
-Savez-vous ce qu’utilise Pandémonium pour combler les douves ?
Personne ne pipa mot. Richter sourit.
-Des pierres, des planches de bois transportées par des hommes prêts à se sacrifier…Et ces hommes sacrifiés, tombant dans les douves, les comblent peu à peu. Au fur et à mesure, la douve se remplit de cadavres, de pierres, de planches de bois…jusqu’à ce que le bélier puisse passer. Je ne veux pas de ça, messieurs.
-Mais en quoi sommes nous concernés ? Protesta le premier capitaine. Nous ne sommes que la cavalerie, pas les sentinelles, ou les fantassins, ou même les artilleurs, ce n’est pas notre job de nous occuper de ce genre de choses…
-Je sais, mais le Roi voulait que chaque régiment soit au courant de ce genre de stratagème.
Les officiers hochèrent la tête. Richter prit un plan et l’étala sur son bureau. Les officiers se levèrent et s’installèrent autour de la table pour mieux voir la carte. Elle concernait Nurembourg. Le doigt du général se posa sur les diverses entrées.
-Ici, ici et là, il faudra placer un régiment de cavalerie. Je me suis proposé pour que nous nous postions à l’entrée principale. Nous laisserons l’entrée sud au 3eme Régiment de Cavalerie et l’entrée  est au 9eme Régiment. La garde a déjà été triplée. Lorsque l’ennemi approchera, s’il approche, la garde sera alors multipliée par cent. J’espère sincèrement que les deux forteresses de la vallée tiendront suffisamment longtemps pour nous permettre d’évacuer les villes…
Une voix lui coupa la parole. Les officiers se tournèrent vers la porte.
-Nous pourrions peut-être les prendre par surprise ? Fit Parker en entrant dans la pièce.  Pour permettre à ces gens d’évacuer. Retarder l’ennemi.
Richter haussa un sourcil.
-Comment donc ?
-Il suffirait d’attaquer les rangs ennemis dans la vallée après avoir, au préalable, positionné des tireurs de chaque côté sur la falaise. Une fois l’armée ennemie engagée, ils ouvriront le feu. Cela les arrêtera quelques heures. Puis, nous lancerons une charge, suicidaire certes, mais qui les ralentira considérablement.
Les officiers considérèrent la proposition avec plus ou moins de suspicion.  Un capitaine à l’armure dorée lança.
-Mais vous dites que ce sera une charge suicidaire…donc, tous y laisseront leur vie ?
-Pas tous, mais beaucoup en effet. Lorsque le combat sera engagé et que nous aurons subi de lourdes pertes, il faudra se replier. Astrolé gagnera cette bataille mais ses troupes seront déjà affaiblies. Les forteresses feront le reste, les affaiblissant encore davantage !
-Cela me parait une bonne idée, grommela un capitaine portant, sur son armure, une tunique rouge brodée en son milieu d’une croix blanche. Mais où trouver les hommes ?
-Il faut en parler à tous les chevaliers, lança le capitaine en armure dorée. Mais choisissons de préférence des célibataires.
-Et qui commandera l’armée ? Demanda brusquement le tout premier capitaine qui avait parlé.
Un silence de plomb s’abattit sur les officiers.
-Moi, fit Parker, rompant le silence. Au moins, je périrai l’épée à la main, contre le peuple que j’ai trahi et qui ne me fera, de toute façon, aucun cadeau s’il me capture vivant.
Richter soupesa le pour et le contre. Cela lui déplaisait de  voir ce jeune homme prêt à sacrifier sa vie pour combattre l’armée d’Astrolé.  Mais qui, ici à Quatre Dragons, connaissait mieux que lui les armées de Pandémonium ? Ce n’est donc pas sans un certain malaise qu’il hocha la tête en guise d’approbation.
-Je l’accompagne, lança l’officier à la tunique rouge et à la croix blanche. Je me nomme Martin. Je vais trouver des volontaires. Combien ?
La question s’adressait aussi bien au général qu’au sergent. Mais ce fut ce dernier qui, d’une voix hésitante, répondit :
-Deux cents, trois cents peut-être. Certes, ce sera peu contre la force ennemie mais j’aimerais qu’ils soient forts, braves et vaillants et protégés au mieux. J’aimerais choisir l’équipement qu’ils porteront, ainsi que les armes. Quant aux tireurs, il en faudrait cinq cents, deux cent cinquante sur chaque flanc. Une fois qu’ils nous verront en mauvaise posture, ils se replieront vers les forteresses pour se mettre à l’abri, car ils ne pourront plus rien faire pour nous…
Le capitaine Martin hocha gravement la tête et s’en fut sous le regard approbateur de son général.   Richter se tourna vers le jeune homme.
-Vous n’êtes pas obligé d’y aller, sergent…
-J’y compte, pourtant.
-Dans ce cas, quel équipement voulez-vous ? Le capitaine Riggs se chargera de vous apporter ce que vous voulez à vous  et à vos hommes.
Parker hocha la tête en guise de remerciement.
-Dans un premier temps, il faudra protéger les chevaux avec des caparaçons, les meilleurs que vous ayez. Chaque homme devra porter sous son armure et donc sous sa tunique, une cotte de mailles. Entre la cotte de mailles et la chemise, je veux un rembourrage en paille. Je veux vos meilleurs heaumes. Des armures de plate complètes. Quant aux armes, je veux des épées bien forgées, des lances extrêmement longues et solides, des haches, des dagues, des coutelas et des arcs avec des flèches. Nous avons quelques semaines pour apprendre aux volontaires à s’en servir. Croyez-moi, une fois prêtes, vos troupes seront redoutables.
-Soit, capitaine Riggs…
L’officier s’inclina et disparut de la pièce. Les autres officiers attendaient avec impatience la suite des événements. Parker et Richter échangèrent un regard. Chacun lut dans le regard de l’autre un mélange de crainte et d’amitié.

A l’heure du déjeuner, Parker avait décidé de prendre son repas dans sa chambre afin d’éviter qu’on ne le dérange tandis qu’il mettait au point une stratégie pour affaiblir l’ennemi. Gagner était impossible.  Il en était conscient. Et pourtant, il n’avait pas peur de mourir. Il avait trahi les siens, il comptait bien mourir en se battant contre eux.
Il traça un trait sur la carte qu’il avait de la vallée et contempla longuement la distance. Cent chevaliers pouvaient se tenir de front. On pourrait aller jusqu’à trois lignes s’il obtenait trois cents chevaliers. Cela dépendrait donc du nombre d’hommes qui lui seraient octroyés. Dans tous les cas, il était certain que, dans la vallée, l’armée d’Astrolé engagerait d’abord les fantassins, puis la cavalerie, ce qui serait un énorme atout pour Quatre Dragons.  Avant de succomber, le régiment de volontaires aurait massacré pas mal d’adversaires.
Il sourit. Et si les archers, arbalétriers et arquebusiers faisaient leur travail, alors l’armée serait assez retardée pour permettre aux deux forteresses de tenir suffisamment le coup et aux villages d’être évacués dans les meilleures conditions possibles.
Soudain, quelqu’un  tambourina à la porte. Il sursauta et grommela. Sans attendre de réponse, la porte s’ouvrit et une ombre se rua sur lui si rapidement qu’il n’eut pas le temps d’esquiver la main qui le frappait au visage. Il tomba de sa chaise, surpris, et posa sa main sur sa joue qui rougissait. Alors il leva les yeux vers la silhouette, fou de colère, mais son expression s’éteignit aussitôt, pour laisser place à de la perplexité.
-Que faites-vous ici ? Souffla le sergent en se redressant.
-J’ai appris ce que vous comptiez faire, sombre imbécile, prétentieux. Que croyez-vous faire ? Vous suicider ? Alors que vous nous serez plus utile ici ? Cracha la voix pleine de colère de Daphné.  Vous allez tuer des centaines de chevaliers…Pour quoi ? Pour devenir un héros ?
Le jeune homme remit la chaise en place.
-Non, mais je ne vois pas pourquoi je resterais ici ! J’ai trahi les miens, il faut que je  paye. Si jamais nous gagnons cette guerre, je serai le seul…Pandémonien à vivre dans le Royaume de Quatre Dragons. Merci bien !
-Quitte à entraîner dans votre mort trois cents chevaliers ? Coupa sèchement la princesse.
-C’est le seul moyen de ralentir l’armée, ce qui permettra à des milliers, que dis-je, des centaines de milliers d’innocents d’évacuer et retarder ainsi l’échéance. Je sais ce que je fais. Le général Richter m’a approuvé, comme les autres officiers…Et je n’ai demandé que des volontaires célibataires. Qui voudrait d’un Pandémonien ici ? Demanda t-il en s’asseyant.
-Moi !
Parker en fut si surpris qu’il faillit à nouveau tomber de la chaise avant même de s’asseoir. Il se redressa d’un bond. Son esprit était partagé entre fureur et perplexité.
-Et pourquoi ? Demanda t-il calmement. Que puis-je vous apporter ?
Mais la princesse ne répondit pas. Elle tourna les talons et s’en fut. Perdu dans ses pensées, le sergent se rassit, pour de bond, et son regard se posa sur la carte, sans la voir.

-Tu ne peux pas le laisser faire ça ! Cria Daphné à son père qui se taillait la barbe.
Le Roi grommela. Assistaient à la scène Févriel et la Reine, qui écoutaient  Daphné avec attention.
-Et pourquoi pas ? Grogna Ulysse. Richter lui a demandé de choisir. Soit  y aller lui-même, soit envoyer un autre gars pour commander le régiment. Et Richter a raison. Il m’a dit que personne n’irait si celui-là même  qui avait eu cette idée n’y allait pas. Ce général n’est pas fou…mais je sais qu’il admire secrètement Parker.
-Justement…et il l’envoie à la mort !
-D’ailleurs rien n’est perdu, fit le Roi sans écouter  sa fille.
-C’est cela, à un contre mille si ce n’est plus, grommela Daphné.
Brusquement, le Roi se tourna vers elle, furieux.
-Qu’éprouves-tu pour lui ?
Prise au dépourvu, Daphné recula de plusieurs pas, rouge de honte. Elle baissa les yeux.
-Rien. Absolument rien.
-A d’autres, gronda son père. Evite de trop penser à lui. Si tu arrives à sympathiser avec un inconnu, tu peux  sympathiser avec d’autres, …au sang noble !
-Nous ne sommes bonnes qu’à nous faire engrosser par des gens du même rang ? Cracha Daphné. Paysans avec paysans ! Pauvres avec pauvres ! Nobles avec nobles ! Bourgeois avec bourgeois !
Sur ce, elle tourna les talons et  se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit à la volée et referma en la claquant, sous le regard surpris de son père et ébahi de sa mère et de sa sœur.
-Qu’ai-je dit ? Demanda inquiet Ulysse.
En guise de réponse, les deux femmes lui jetèrent un regard noir plein de reproches.

Daphné descendit quatre  à quatre les escaliers menant à sa chambre. Elle y entra comme une furie et se jeta sur son lit, pleurant à chaudes larmes. Aliénor, qu’elle avait bousculée, la regarda surprise. C’était la première fois qu’elle voyait sa maîtresse dans un tel état. Elle hésita entre la laisser seule, ou la rejoindre. Elle opta finalement pour la deuxième solution. D’un pas lent mais décidé, elle s’approcha du lit et s’assit sur le bord, posant une main sur la tête de Daphné et lui caressant les cheveux. Elle sentit que les sanglots qui la faisaient tressauter diminuaient. Sa maîtresse s’apaisait. Elle releva même la tête. Aliénor vit un visage blême, des yeux rouges aux pupilles dilatées. Elle en frissonna.
-Que s’est-il passé ? Chuchota t-elle.
Ce n’était pas par curiosité, mais pour apaiser le chagrin de Daphné, pour lui enlever un poids.  Daphné se releva et s’assit à ses côtés, posant sa tête sur les genoux de sa servante qui pâlit. Sa surprise augmenta encore davantage.
En quelques mots, Daphné lui expliqua ce qu’elle avait sur le coeur. Aliénor sourit malgré elle. Chagrin d’amour. Elle comprenait déjà ça. Elle caressa les cheveux de Daphné. Ce n’était pas elle qui apporterait des solutions aux problèmes de sa maîtresse.  Soudain, celle-ci leva les yeux vers elle.
-Et si je l’accompagnais ?
-Vous risqueriez de vous mettre en danger, … de mourir même, Madame…bredouilla Aliénor.
Daphné soupira. Elle étouffa un sanglot.
-Suis-je sotte, reprit-elle. Je ne sais pas ce qu’il pense de moi et comme disait Févriel, peut-être a t-il de la famille…
-Là, je peux vous rassurer, madame, rétorqua fièrement Aliénor. Il n’aurait jamais trahi son pays s’il avait eu de la famille…de peur des représailles que le roi ou le peuple n’aurait pas manqué de lui faire subir.
Soudain ragaillardie, Daphné se leva, enlaça sa servante et l’embrassa sur les joues. Puis elle se dirigea d’un pas rapide vers la salle d’eau pour y prendre un bain, laissant Aliénor anxieuse et perplexe.



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Je signale au passage que le grade de caporal a été sucré pour êtr remplacé par sergent.
Que la remarque de arghaab concernant la répétion des mots lires et rares a été corrigée dans le chapitre deux.
Il me reste plus que quelques modifications a faire et bientôt je l'envoi, du moins le tome Un, chez l'éditeur en croisant les doigts lol.
Qu'il y a eut également des passages supprimés et/ou modifié voir rajouté.
Je crois que c'est tout.
Là je le relis mot a mot pour voir les autres fautes a corriger.

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 Firiond
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 Roi
 Firiond
  Posté le 26/10/2005 19:11:31
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Génial ,je rentre de vacances et j'ai le droit a un chapitre tout chaud de mon bouquin préféré^^.
Que dire? a part qu'il me donne encore plus envie de lire la suite .
En le lisant j'ai pas remarqué de faute (comme d'hab ,quoi;)
et je croise les doigt avec toi pour la parution du livre
(au fait sa s'appelle comment)

RoLoNoDro
Rock Love and No Drogue
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 Empereur
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  Posté le 26/10/2005 21:03:57
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Le premier tome une guerre inévitable.

Merki

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 Firiond
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 Roi
 Firiond
  Posté le 26/10/2005 21:26:07
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Ca va bien avec l'histoire du livre (c'est peut etre pour ca que tu la choisi^^),enfin de ce que j'ai lu

RoLoNoDro
Rock Love and No Drogue
 Firiond
 Messages postés : 1259
 Roi
 Firiond
  Posté le 26/10/2005 21:30:41
Send a private message to Firiond
Ca va bien avec l'histoire du livre (c'est peut etre pour ca que tu la choisi^^),enfin de ce que j'ai lu

PS J'aurais le droit a un autographe si ton bouquin est édité? (j'en veux vraiment un ,ca remplira ma collec   ,j'ai déja une dizaine de pilote de moto et de F1 + ceux des joueur de l'ASM (club de rugby).tu sera au milieu de célébrité comme ça)

--Message edité par firiond le 2005-10-26 21:31:08--

RoLoNoDro
Rock Love and No Drogue
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 Empereur
 Archicon
  Posté le 26/10/2005 21:33:29
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PTDR, bien sur c'était prévu...toi, certains mecs du forum, des amis...
Mais en attendant...je ne sais pas si d'ici la fin de l'année il sera envoyé à l'éditeur.
Peut-être l'année prochaine.
Peut-être même que finalement que finalement je ne l'enverrai jamais.

A suivre...

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 Firiond
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 Roi
 Firiond
  Posté le 26/10/2005 21:38:41
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Citation :

Peut-être même que finalement que finalement je ne l'enverrai jamais.



NAN!!!!
tu peu pas me faire ça Archi.Pas aprés m'avoir fait lire les 5 premier chapitres!!!
Ne te démotive pas corrige les quelque fautes qu'il doit rester (plus facile a dire qu'a faire ,mais je compatis) et envoie le .
Au fait pourquoi tu dit ça .???

RoLoNoDro
Rock Love and No Drogue
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 Empereur
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  Posté le 26/10/2005 21:47:07
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C'est pas du fait des fautes...
Tu as vu, il n'y en a plus ou presque plus...c'est autre chose de plus personnel...mais de toute manière, je continuerai a les poster sur le forums( les chapitres pas les fautes^^)
Après, c'est uniquement personnel.

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 Firiond
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 Roi
 Firiond
  Posté le 26/10/2005 21:53:54
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bon ,si c'est personelle on peu pas te faire changer d'avis ,mais si c'est parceque t'a peur de ne pas etre retenu,faut comme meme tenté (noublie pas,100% des gagnents ont tenté leur chance.
il n'y a aucun rapport avec une pub du LOTO ^^. lol)
SI c'est autre chose ,j'ai plus qu'a espéré que tu change d'avis.

RoLoNoDro
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  Posté le 26/10/2005 21:54:44
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Nan, c'est pas la peur de ne pasme faire retenir ( je me fais pas d'illusion...c'est comme les meufs^^)
C'est perso.
Ensuite j'ai dit PEUT ÊTRE
donc....faudra voir...je vous dirais ça plus facilement vendredi soir, car je voulais l'envoyer lundi.

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
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  Posté le 26/10/2005 22:07:34
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Citation :

Archicon  a dit :

Nan, c'est pas la peur de ne pasme faire retenir ( je me fais pas d'illusion...c'est comme les meufs^^)
C'est perso.
Ensuite j'ai dit PEUT ÊTRE
donc....faudra voir...je vous dirais ça plus facilement vendredi soir, car je voulais l'envoyer lundi.  




lol, aller ,je suis sur que t'a bcp de succés et que c'est toi qui refuse les avance qu'elle te font^^
Moi par contre je me fait pas d'illusion (comme ça on est 2) :2 copines en 15 ans c'est pas terrible comme score .

Bon j'attend avec imppatience ta reponce de vendredi.
A+

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  Posté le 27/10/2005 21:26:32
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En tout cas, ce ne sera pas lundi.
Nouvelles modifications.
Plus sergent--->major ou chevalier je sais pas encore^^
Je miserai plus chez l'envoi a l'éfditeur en janvier ou par là

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
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  Posté le 27/10/2005 22:28:17
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Je te conseil maojor parceque chevalier Parker ca le fait pas trop ,enfin c'est mon avis.Mais j'aimmais bien sergent.

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  Posté le 27/10/2005 22:31:32
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oui chevalier ça fait lourd et pompeux....
Bon y a plus qu'a tout relire une énième fois!!!!
Moi j'aimai guère sergent, ça n'allait pas trop.
Ah oui, dans les 5 chapitres postés, il y a eu pas mal de changement apporté par rapport a nouveau texte.
Voila

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
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  Posté le 27/10/2005 22:47:39
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alalalala ,c'est bete il va falloir que tu reposte tout ^^.
si ça continu comme ça tu va etre le premier auteur a avoir fait un livre online^^
C'set vrai qu'en y reflechissant bien ,ça fait pas genial sergent pour un livre heroic fantaisie.Tu peu toujours essayer d'inventer un grade en t'inspirant des champion de warhammer

--Message edité par firiond le 2005-10-27 22:50:14--

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  Posté le 27/10/2005 22:59:54
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Mdr, le Kuraq Parker...oué lol...
Nan, ce serait du plagiait.
Donc major.
Voila, voila...je vous donnerez des nouvellesde l'avancée du livre.
Chapitre 6 ce week.

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  Posté le 27/10/2005 23:09:50
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Citation :

Nan, ce serait du plagiait.



J'ai dit t'inspirer pas copier ,mais c'est vrai que ça va ressemblé a du plagiat après ,garde Major ,c'est tres bien.

Citation :

Mdr, le Kuraq Parker...oué lol...




Mdr ^^,je trouve que c'est tres sexi comme nom ,nan?^^
bon vivement ce week end ,j'attend la suite avec impatiance

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