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forum Index du forum forumVos créations, background et récits... forumLes aventures de Thomas-->Moussilon

Auteur : Sujet: Les aventures de Thomas-->Moussilon  Bas
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 Empereur
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  Posté le 30/12/2005 12:43:37
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Chapitre Un : Moussilon.

Rien qu’à la pensée de ce nom, le jeune chevalier frissonna.
Maintenant qu’il faisait face à la cité, il tremblait littéralement de peur et d’épouvante.  Rien que de l’extérieur, il voyait les énormes murailles noires, les toits des bâtiments de même couleur…Et chose étrange, le pont-levis était baissé. La herse relevait. Aucun soldat ne montait la garde. Juste un mendiant assis auprès de plusieurs besaces et tendant la main.
Derrière Thomas, Yvain attendait. Lui aussi avait été nommé pour accomplir la tâche. Lui, plus huit autres chevaliers. Tous portaient désormais des vêtements de gueux, s’étaient laissés poussés la barbe, s’était mal rasé aussi, portaient une cape sombre et des habits sales et déchirés.
On disait que Moussilon équivalait Mordheim dans l’Empire. Ici comme là-bas, des bandes s’entretuaient sans aucune raison apparente si ce n’est pouvoir et argent.  Mais Mordheim avait été bâtie sur des restes d’une comète alors que Moussilon était victime de maladies et de  traîtres bretoniens…avec cette maudite histoire du Faux Graal. Thomas en avait entendu parler et Yvain l’avait un peu mieux renseigner.
La main du jeune chevalier se posa sur le pommeau de son épée.
Yvain prit la tête de la procession. Il fallait passer pour une nouvelle bande. Ils étaient dix.  Une véritable petite bande.
Ils pénétrèrent dans la ville. L’odeur de la pourriture et de la mort les submergea. Les ruelles étaient sales, couvertes de détritus et de flaques de boues. Les murs des maisons étaient noirs et les vitres poussiéreuses.  Des chariots et des charrettes étaient abandonnées sur le coin des rues, vides. A certains il manquait une roue ou de quoi les atteler. Sans doute pour éviter qu’on ne les vole. Des tonneaux, des barils et des caisses en bois traînaient de partout. Des étals étaient posés contre des maisons en ruine vendant de tout et de n’importe quoi.
Thomas frissonna.  
Une main rassurante se posa sur son épaule et il se calma.  Yvain regardait tout autour de lui. Commencer une enquête ici serait difficile. Heureusement, le Roi leur avait donné énormément d’argent. Pour trouver un personnage si peu influent. Quelque chose clochait.
A peine dans la ville, ils virent qu’une dizaine d’auberges et d’hôtelleries  se faisaient la guerre aux clients. Etrange pour une ville qui était censé être maudite.
Le jeune homme dévisagea alors les passants et les badauds, des gueux, des pauvres, des mendiants, certains avaient même une mine sournoise. Des criminels, des tueurs, des assassins, des voleurs, des violeurs…La belle noblesse que voilà.
Les détritus et les excréments se côtoyaient auprès des rats, des chiens et des chats maigres comme un clou. Les pauvres étaient assis contre un mur.
Concernant les marchands ; on voyait surtout des marchands d’armes et d’armures. Les marchands étaient richement vêtus. S’il n’y avait pas au moins dix mercenaires autour d’eux, grands et baraqués, ils se seraient déjà fait tuer.
Aux odeurs et à la vue, s’ajoutait les cris des marchands vantant leurs objets, aux mendiants demandant l’aumône,  aux insultes et aux bruits des bottes et de sabots sur le sol.  Dés fois des bagarres éclataient à poings nus  ou en duel. Epée, sabre, rapière, pistolet.  Thomas comme tout bretonien se respectant haïssait les armes à feu. Toutefois, il n’y avait pas que des bretoniens dans cette cité maudite. Des Impériaux aussi.
Il en reconnut plusieurs ; un chevalier sur un destrier caparaçonné, un  marchand aux livrées de Nuln, deux tonneliers,  un soldat à pied…
Mais aussi des Kisvélites, des Tiléens, des hommes de Cathay, des bretoniens portant encore leur blason…des Nains aussi. Mais eux ils étaient surtout là en quête de gloire et de richesse.
Pour une ville maudite, Moussilon respirait la vie…Mais une vie mortelle.
En tant que nouveau venu, il allait falloir se forger une place. Une fois respecté et craint, leur enquête serait facilitée. Yvain était le chef de l’expédition. Lui était le second. Les chevaliers attendaient les ordres. Tous étaient des experts en maniement des armes. Tous étaient à pieds.
Il fallait déjà trouver un endroit où loger. Une auberge, ou au mieux une maison en ruine, vide de tout occupant.
Un homme portant une arquebuse les croisa, leur jeta un regard mauvais et s’en alla. Un cavalier portant surtout des besaces et une lance sur son épaule les croisa à son tour et leur cracha aux pieds. Nul doute que s’ils n’étaient pas aussi nombreux il aurait tenté de les tuer.
« En avant, doucement » déclara sombrement Yvain.
Il se lissa sa tenue et avança. Il regardait droit devant lui, mais ses sens étaient aux aguets.  Thomas le suivait, toujours prêt à dégainer son arme, mais rien ne vint.
« On va déjà tâcher de trouver une maison…vide. »
« Je pense qu’il va falloir aller bien loin » songea tout haut Thomas.
« Justement. »
Même dans la ville, la luminosité paraissait obscure.  Lieu maudit. Mentalement, le jeune homme se récita des prières à la Dame.
« Ce qu’il faudrait » chuchota un chevalier « c’est purger cette ville…une bonne armée devrait pouvoir la réduite à néant ! »
Christian était un nouveau chevalier du royaume. Il avait été récemment promu. Il avait tué en duel un chef homme bête, massacré une trentaine de ces viles créatures et bien avant la bataille, tué plusieurs orques.  Mais il était toujours un peu impétueux.
« On se calme » intervint  Yvain.
Il désigna un homme psalmodiant des invocations. Un autre au loin disait que la fin du monde approchait. Personne ne les écoutaient.  
« Croyez-vous que quelqu’un dirige cette ville ? »
« Officiellement non, jeune Christian, officieusement peut-être.  Dans ce dernier cas, il faudra trouver qui et le capturer…au pire le tuer. »
Une cloche retentit dans le lointain, sinistre.
Une brume s’éleva sans tarder, dissimulant les toits des maisons. Des toux et des crachats résonnèrent.
Plus vigilants que jamais, les compagnons avançaient toujours tout droit.
Soudain, une énorme masse leur barra le chemin.
Un grand bâtiment délabré qui ressemblait à un vieil hôtel de ville.  Des escaliers en marbre menaient à une grande porte en acier, garnis de motifs en relief. Les marches en elles-mêmes étaient en piteux états. Les compagnons ne s’attardèrent pas et se tournèrent vers la gauche, reprenant leur chemin. Ils croisèrent un énorme carrosse noire sans blason, aux vitres teintées et aux rideaux  sombres. Même les destriers étaient noirs. Pour finir, le garde revêtait une énorme armure noire, portait une hallebarde gigantesque. Et le cocher. Le cocher était petit, et tenait fermement à deux mains une arquebuse ; il regardait autour de lui, nerveux. Le soldat ne bougeait pas d’un pouce.
Ils passèrent leur chemin. Ce ne fut que plus loin qu’Yvain prit la parole.
« En tout cas, s’il n’y a pas de dirigeant, il y a des gens puissants. Je pense que cet individu doit en connaître un bout sur cette cité. Mais l’interrogeait se révélera difficile.  Voir impossible. »
« Comment allons-nous débuter notre enquête ? » Demanda Thomas.
« Simple, on va s’installer, attendre que des gugus nous attaquent, on les tue, et on attend…Au bout d’un certains temps, on va attaquer les pires bandes existantes, ainsi nous ferons d’une pierre deux coups. Un ; débarrasser Moussilon des pires bandes, deux on nous prendra pour des criminels sans aucuns scrupules et on nous respectera et craindra… »
« Ça risque de prendre du temps » fit remarquer un autre chevalier au nom de Armand.
« Certes. Mais le Roi nous a donné un temps illimité. Le tout est de parvenir à nos fins. »
« On peut en savoir plus sur le type qu’on recherche ? » Demanda Christian.
Petit ricanement.
« Benoit de LaVillette, notable et riche banquier a disparu un jour alors qu’il partait, avec son escorte ici-même afin d’ouvrir une nouvelle banque. Sa vraie mission était d’espionner pour le compte du Roi Moussilon et de fournir des renseignements. Il a disparu. »
« Ça à le mérite d’être clair » grommela Christian.
« Oui.  Et si de LaVillette à disparu, ces ravisseurs, si ravisseurs y a, vont probablement s’en prendre à nous…C’est un peu le but que je recherche. »
Ils croisèrent trois individus, et se turent. Puis, Yvain reprit ;
« Bref, en sommes nous avons beaucoup de boulot. »
Une voix s’éleva, chantant faux et de temps en temps couper par u hoquet. Les compagnons ne tardèrent pas à apercevoir un badaud titubant, brandissant une bouteille et gesticulant.
Déjà, deux individus sombres s’approchaient.
« On fait quoi ? » Demanda subitement Armand.
« On intervient ? »Demanda un autre chevalier.
Yvain réfléchit à toute vitesse.
« Mouais…pourquoi pas…il pourra nous servir plus tard à nous filer des infos… »
« S’il nous reconnaît » ricana Christian.
« La ferme ! »
Yvain s’élança en avant dégainant son épée. Surpris par le bruit de course, les deux  bandits pivotèrent vers lui. Ils tenaient des dagues dans leurs mains. Le premier coup d’épée trancha la poitrine du premier et le second trancha la gorge du second. Les deux hommes tombèrent l’un sur l’autre en plein caniveau.
L’ivrogne resta muet quelques secondes, dévisagea Yvain, puis les autres compagnons, les remercia et s’en alla en claudiquant.
Le général bretonien hocha négativement la tête.
Il fut rejoint par ses compagnons et ils reprirent la route. Yvain tourna subitement à droite. Une petite ruelle. Des lanternes sales éclairaient avec peine les pavés.  Malgré l’obscurité, Thomas aperçut des traces de sang séchées. Il dégaina son épée. C’était un lieu idéal pour une embuscade. Et les déchets jonchant le sol et qu’il fallait enjamber, n’arrangeaient rien.
« Où allons-nous ? » Demanda t-il.
Yvain désigna l’extrémité de la ruelle.
« Là-bas ! »
Thomas leva les yeux au ciel. Quelle logique !
La ruelle était bordée de bâtiment mais il y avait très peu de portes.  Des graffitis faits à la craie blanche étaient visibles sur les murs.
Une voix s’éleva dans les airs.
« Ceci est notre territoire ! Vous devez payer un droit de passage si vous ne voulez pas subir notre courroux ! »
Un grand barbu au torse nu fit son apparition. Il était équipé d’une hache.  Derrière lui, quatre autres humains apparurent ainsi qu’une sorte de gobelin.
Derrière eux, quatre individus jaillirent. Tous étaient armés.
« Des p’tis nouveaux boss » fit le gobelin de sa voix nasillarde « de bons ptis esclaves pour notre maître… »
« Ferme-là ! » Fit la voix sèche du barbu.
Puis vers les compagnons.
« Ce sera 100pièces d’or ! »
Yvain ricana.
« Cent ? On a pas. Quand bien même on aurait, on donnerait pas. »
Le chef tiqua. Visiblement, il n’avait pas l’habitude de se voir ses propositions refuser.  Par des nouveaux qui plus est.
« On voit que vous êtes nouveaux et que vous me connaissez pas. Je me nomme Barbe Dur. Je suis le Chef de la Bande des Ruelles Noires. Là où vous êtes en gros. »
Yvain haussa les épaules.
« Soit vous mourrez, soit vous payez ! » Acheva le gobelin.
« Soit. »
Le chef sourit…
Son sourire disparut aussitôt lorsqu’il vit qu’Yvain avait dégainé son épée.
« Les gars, ils veulent pas payer ! Supprimez-les moi ! »
Aussitôt, la bande de pouilleux se jeta sur eux.
Yvain se para et empala son premier adversaire, il se tourna et trancha le poitrail d’un autre. Thomas se fendit vers la gauche, fit une botte et sa lame traversa la mâchoire de son agresseur.  Il para l’attaque d’un second, feinta vers la gauche et empala son adversaire au cœur. Derrière eux, les bretoniens se débarrassèrent facilement des gueux.
Yvain trancha la tête du gobelin nasillard et se tourna vers le chef…Qui avait détalé.
« C’est peut être mieux ainsi » fit-il valoir en rengainant.
« Pourquoi ? »Demanda Thomas.
« Ainsi, s’il à un maître comme la dit ce gobs,  il va aller le prévenir. Nous aurons pas mal d’ennemis sur le dos…mais nous commençons ainsi notre réputation. »
En gros, les ennuis ne faisaient que commencer.

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  Posté le 31/12/2005 11:49:18
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Chapitre II ; Complots.

« Je vous assure, magister ».
Barbe Dur alias Rufus était incliné devant un trône fait en os. Une silhouette était assise dessus. Nulle part sa peau était visible. L’homme portait une tunique violette avec une capuche rabattu sur sa tête.  Un pendentif en or représentant un pentagramme oscillait sur son torse.
« Vos hommes sont des minables, Rufs » déclara la voix sans ton. « Ils étaient trop faibles et ont faillis à leur tâches…Votre fuite est une preuve de lâcheté injustifiable… »
« Maître, je voulais vous prévenir. Ces types représentent une menace pour nous ! »
Un lourd silence plana.
Rufus déglutit péniblement. La salle était noire. Une torche était allumée uniquement près du trône. Dieu…ou le Diable savait ce qui cachait dans l’obscurité. De temps en temps, un gémissement parvenait à ses oreilles. Gémissement ou râle.
La voix du magister reprit, faisant sursauter Barbe Dur.
« Dix individus. »
Nouveau silence.
« Ils cherchent sans doute une place. » Proposa alors Rufus.
« Ou ils veulent montrer leur bravoure…ou bien veulent-ils conquérir le domaine…Inacceptables. »
« Il faut envoyer la Garde Noire ! » Souffla Rufus pâle comme la mort.
« Non, non…pas la Garde.  Je vais envoyer une bande d’assassins plus malins que vos idiots d’hommes. »
Le cœur de Rufus bondit dans sa poitrine. La silhouette reprit ;,
« En attendant, vous allez recruter de nouveaux mercenaires et attendre que je fasses appel à vous ! »
« Oui, magister, vos désirs sont des ordres… »
« Espèce de simple d’esprit, d’abruti…Ce ne sont pas mes désirs, ce sont mes ordres ! Si vous hommes avaient fait correctement leur tâche, je ne serai pas obligé de trouver un plan pour corriger vos erreurs ! »
Rufus se fit tout petit.
« Disparaissez de ma vue ! » Aboya l’ombre.
Le chef de l’ancienne bande se releva, s’inclina et disparut vite fait bien fait, heureux toutefois d’être encore en vie.
Alors, la silhouette claqua des doigts.
Un homme apparut, portant qu’une redingote de cuir, une épée et divers coutelas.
« Fais-moi le plaisir de corriger les erreurs stupides de Rufus. Prépares toi. »
L’assassin s’inclina. Nouveau claquement des doigts, nouvelle silhouette.
« Je veux que tes agents me disent où vont loger nos intrus » fit la silhouette à un homme vêtu d’une tunique grise, avec un capuchon sur la tête.
« Oui maître… »
Il s’inclina et s’en alla,n disparaissant dans l’ombre.

Malgré la brume, Thomas du constater que la maison dans laquelle ils avaient élus domiciles était confortable, quoique en ruine. Pour plus de sécurité, ils s’étaient mis en hauteur. Seuls, des escaliers y menaient. Un chevalier surveillerait en permanence, avec relais toutes les heures.
« Le mieux serait d’avoir un plan de la ville » déclara Yvain.
Assis à même le sol, le général tapotait d’une baguette de bois le sol. A côté de lui, Armand hocha la tête.
« Cette ville me paraît plus grande vue de l’intérieur que de l’extérieur » continua Yvain. « Retrouver notre homme sera équivalent à chercher une aiguille dans une botte de foin. »
Un rire nerveux se fit entendre. Nixon. Un chevalier que l’on pourrait qualifier de muet, mais qui grognait et ricanait de temps en temps. Un excellent guerrier aussi.
Thomas regarda les rues et ruelles à travers les fenêtres sans vitre. Toute une façade de la maison était tombé. Résultat, d’un côté, ils était couvert de l’autre non. La brume paraissait s’arrêter à leur niveau.
« Ville maudite » soupira t-il.
Il avait déposé son épée contre un pan de mur et regardait les lueurs des quelques lanternes qui transperçaient comme elles pouvaient le brouillard. Au loin, la gigantesque silhouette du château s’élevait. On devinait du moins les contours.
On disait que des tas de trésors étaient enfouis là-bas, attendant qu’on vienne les chercher. Mais tous les explorateurs y avaient laissés leur vie.  En tout cas, personne n’en était revenu vivant.
Yvain lui avait un jour dit qu’un groupe de chevaliers errants y étaient entrés…sans jamais ressortir. Comment le général l’avait-il sut ?  Le jeune chevalier ne le savait pas et le général n’en avait rien dit. Yvain était plus vieux que son aspect et sa peau lissait prévoir.  
Quelque chose disait à Thomas qu’il avait bu le Saint Graal, mais aucune armoirie représentant cet objet remarquable n’était visible sur le blason ou la tunique du chevalier bretonien. Du moins hors de Moussilon.  Il avait même dit avoir croisé le chevalier de Sinople au cours d’une des nombreuses batailles qu’il avait mené. Vérité ou mensonge, Thomas n’était pas sur. Yvain ne paraissait pas être un vantard. Ses exploits étaient gravés sur ses écus lorsqu’ils guerroyaient.
Que cachait donc leur chef ?
Armand, Nixon, Bret, Thierry, Graham étaient des chevaliers hors pairs dans le royaume de Bretonnie. Ils avaient combattus auprès d’Yvain, mais n’avaient rencontrés celui-ci, finalement, que assez récemment. Sept huit ans plus tôt. Armand et Bret lors d’une joute organisée par le Roi. Nixon avait été sauvé des Elfes Noirs par Yvain et  Thierry et Graham escortaient un noble et sa famille lorsqu’ils avaient été attaqués par des Orques en sur nombre ; Yvain était arrivé à temps.  
Christian avait été nommé chevalier du royaume après être errant. C’est Yvain qui l’avait choisit. Le jeune homme était un remarquable bretteur.
Pour terminer Clément était un sergents qui avait prouvé sa valeur en tuant un grand nombre d’hommes bêtes. Récupérant les armes d’un chevalier tombé et aussi sa monture, il avait suivis Yvain lors d’une charge et avait sauvé ce dernier à plusieurs reprises. Le général l’avait immédiatement adopté.
« Quelque chose ne va pas ? »
Thomas sursauté, pensées rompues. Il tourna la tête vers Yvain qui le regardait étrangement.
« En fait, je me demandais ce que nous allons rencontrer ici »
Yvain acquiesça et alla s’accouder à un rebord de mur. Il regarda l’ombre menaçante du château.
« Les portes sont sans cesses ouvertes, mais qui y entrent ne ressortent pas.  On dit que des monstres rôdent là-dedans. »
« Dans ce cas, comment ça se fait qu’ils ne sortent pas ? »
Yvain haussa les épaules.
« Magie probablement. »
Ils n’en dirent pas plus. Des lanternes approchaient de leur position.
« Déjà ! » Maugréa Yvain en dégainant son épée.
Mais ils eurent beau attendre, personne ne vint tenter de les déloger.
« Fausse joie ? » Ricana Armand en rangeant son épée.
Brutalement, des hurlements retentirent, puis des cris. Un affrontement devait avoir lieu quelque part. Thomas allait se précipiter mais Yvain le retint.
« Laissons les bandes s’entretuer, ça nous fera des ennemis en moins ! »
L’ancien sergent hésita avant d’hocher la tête.
A loin, l’intensité des cris cessa.
« Ça me rappelle Mordheim… »murmura pensivement Yvain.
Au moins,  Thomas appris une nouvelle chose. Son général était allé à Mordheim. Les bandes ça le connaissait.


Rufus marcha d’un pas rapide vers un bar, ouvrit la porte à la volée et s’installa à une table. Aussitôt une serveuse relativement dénudée vint et il commanda une bière avant de suivre le corps de la jeune femme des yeux lorsqu’elle partit chercher sa commande. Il prit alors une bourse et la déposa sur la table. Des yeux il regarda autour de lui.
Le geste n’était pas passé inaperçu, loin de là. Une quinzaine de paires d’yeux le fixaient…près à lui bondir à la gorge, mais se ressaisir en voyant de qui ils ‘agissait.
Un petit homme bossu vint s’asseoir devant lui en toussant.
« Il paraît que tu as eu des ennuis avec une bande de jeunôts »
Le bossu, mise à part le magister était le seul individu qui n’avait pas peur de Barbe Dur. Mais Rufus ne s’en plaignait pas. Lucius était un excellent ami, un homme en qui il pouvait avoir toute confiance. Et des troupes.
« Tu peux m’avoir des troupes ? »
Il désigna du menton la bourse. Un instant, une lueur scintilla dans les yeux du bossu qui acquiesça.
« Pas des cerveaux… » reprit Rufus.
Le bossu comprit immédiatement.
« J’ai une douzaine de zombies qui dorment paisiblement » ricana-t-il. « Je peux en avoir une douzaine d’autres d’ici demain. Cette bourse entière me suffira. »
La serveuse revenait, déposa la bière, reçut une claque sur les fesses et s’en alla en grommelant. Buvant une gorgée, Rufus réfléchit rapidement. Il savait que pour ce prix, il pouvait en avoir encore le double. Il reposa bruyamment sa choppe. Un ami avare.  Mais au combien efficace.
« Tu te fiches de ma gueule ? »
« Je plaisantais. Quarante zombies seront disponibles…mais dans trois jours, je ne puis accélérer la cadence. »
Rufus entama une nouvelle gorgée et finit par accepter. Il ne fallait pas trop forcer les choses. Maintenant, il lui fallait deux ou trois sbires, histoire d’avoir un peu d’intellectuel dans le groupes. Pas des gros non plus. Son regard balaya la pièce.
Il aperçut plusieurs personnes dignes d’intérêt. Il sourit et se tourna vers Lucius.  Il poussa la bourse.
« Trois jours. A minuit. Au Quai. »
Le bossu opina rapidement du chef, de la bave ruisselant sur son menton, empocha la bourse et s’en alla.
Barbe Dur pointa du doigt un homme assis à une table, puis un autre et un troisième.
« Ici ! » Aboya t-il.
Lentement les hommes se levèrent. Ils savaient déjà qu’un contra allaient être établir ; Travailler avec  Barbe Dur était quelque chose d’excellent et pour leur formation et leur avenir dans le métier de criminels.
« J’ai besoin de gras bras, vous ferez l’affaire. »
Les trois hommes opinèrent. Barbe Dur leur désigna une chaise et ils s’assirent.
« On commencera par cinq pièces d’or par jour…après ça peu augmenter. En attendant je paye la tournée. »

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  Posté le 05/01/2006 11:54:51
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Chapitre III ; premiers ennuis

Pendant trois jours, les compagnons explorèrent en partie la ville de Moussillon et ils devaient admettre que plus ils passaient de temps à l’intérieur, plus ils voyaient de choses étranges et maléfiques.
Une fois, ils avaient croisés un personnage, courbé, vêtu d’un long manteau gris, et capuchon rabattu sur le visage. Derrière lui, une nuée de rats le suivaient. Mais aucun ne les remarqua. Une autre fois, ils croisèrent des ombres mouvantes, titubantes. Le petit groupe supposait qu’ils  n’avaient pas été remarqués à cause de cette brume épaisse et nauséabonde.
A l’aube du quatrième jour, ils n’avaient rien appris concernant la disparition du banquier. Leur quête n’avançait donc pas d’un iota. Mais ils s’étaient fait des idées sur Moussillon. Ils avaient croisés plusieurs bandes. Certaines nombreuses, d’autres pas. Toutefois toutes étaient dangereuses. Ils avaient assistés à des rixes…mais jamais ils n’avaient été pris à parti.
« Il faut activer la cadence » grommela Yvain.
Il dépeça un morceau de chair du lapin qu’ils faisaient cuir le mit dans sa bouche et le mastiqua avant de poursuivre.
« Je pense que cette ville est quand même gouvernée. »
Il se tut et regarda chacun des chevaliers présents, hormis le garde qui était posté aux escaliers pour les surveiller.
« Nous avons croisés plusieurs cavaliers noirs. On dirait qu’ils patrouillaient. Si patrouilles il y a, milice il y a…voir armée…voir police…Donc il est plus que probable qu’une sorte de gouvernement existe. Et peut-être que ce gouvernement à des idées concernant notre quête. Nous aider, je doute qu’il le fera, surtout s’il sait que le banquier est en fait une sorte d’espion. »
Il arracha un nouveau morceau de lapin, l’avala et repris ;
« Soit ce gouvernement se trouve dans l’Hôtel de Ville…soit dans ce maudit Château. »
« Où irons-nous en premier ? » Demanda Thierry.
« Je ne sais pas trop. Peut-être l’Hôtel de Ville, car du Château maudit, personne n’en est revenu vivant. »
Ils finirent en silence leur viande. Yvain se leva en s’étirant.
« Qu’est-ce qui vous fait croire, général, que nous aurons nos réponses aussi dans le Château ? » Interrogea Bret.
Yvain croisa le regard du chevalier. Il ne répondit pas tout de suite.
« L’instinct. »
Ce fut tout.
A cet instant, ils entendirent le bruit d’une épée que l’on tirait, puis le garde, Nixon appeler à l’aide.
Aussitôt, les chevaliers se ruèrent vers les escaliers. Nixon se battait contre un soldat. Un autre était à ses pieds mort. Le vivant perdit son épée et fut empalé, bientôt remplacé par un autre.
« Une bande rivale ? » Se risqua à demander Thomas.
« Non. On a foutu un peu de désordre ici…on veut nous éliminer… »
« Comment le savez-vous ? »
Un des bandits venait de contourner Nixon. Yvain fut sur lui et l’égorgea avant de répondre.
« Ces hommes ne sont pas des mercenaires que l’on trouve comme ça dans la ville. Ils ont été entraînés…Chaque gang à une sorte de système de reconnaissance. Cela peut être un brassard de diverses couleurs, un tatouage, un mot de reconnaissance, un bracelet, collier, bague…mais ces individus-là… »
Il désigna les mercenaires.  Nixon reculait sous le nombre adverse. Thierry et Christian prirent la relève, bloquant le rang ennemi et envoyant à la mort deux autres soldats.
« …ceux-là » poursuivit le général « ont tous la même brigandine de cuir et le même pantalon, ils se battent de la même façon… »
« Pas vraiment une preuve » fit remarquer Thomas.
« Non, mais ils ont subis un entraînement vigoureux et militaire…comme pour une milice ! »
Yvain bondit entre deux soldats et tourna sur lui-même. Des geysers de sangs giclèrent dans les cieux et les deux ennemis s’écroulèrent. Un milicien s’approcha de Thomas qui para la première attaqua, fit une botte et trancha la jugulaire de son adversaire avant de bloquer l’assaut d’un second. Quelques passes après, le jeune homme feinta et empala son ennemi.
« Et puis » continua Yvain « regarde ces gars…ils sont tous vieux. Les mercenaires sont souvent jeunes….ceux-là ont plus d’expériences cela se voit… »
Il désigna un moustachu avec une cicatrice barrant son front, esquiva l’attaque et empala son adversaire.
« Il est également temps de trouver un autre endroit de repos » fit Yvain.
Nixon trancha la tête d’un soldat. Le dernier survivant hésita, mais, alors qu’il allait s’enfuir, une dague jetait par Clément le frappa entre les omoplates, l’envoyant valdinguer dans les escaliers.
« On plue bagage et on se taille » fit Yvain.
Quelques minutes après, ils étaient hors de la maison. Une pluie fine s’abattit sur la ville et ils pataugèrent un moment dans la boue avant de trouver un trottoir assez acceptable, bien qu’envahis par des déchets.
La seconde surprise les attendit à un détour de chemin. Une dizaine d’individus formaient un véritable barrage, se fichant royalement de la pluie. Ils avaient tous dégainés leurs armes.
« Comment ils savent… » Commença Christian.
Yvain désigna du doigt un coin d’ombre.
« Y a un mec qui nous a suivis ! »
« J’m’en charge » grogna Bret.
Il tourna les talons, fit comme s’il voulait s’enfuir. Puis revint sur ses pas, trouva l’individu, l’agrippa par le col et le balança dans des ordures.
« Ca t’amuse de nous suivre ? Qui es-tu et que nous veux-tu ? »
L’ombre ne répondit pas.
Plus loin, les ombres se jetèrent sur les bretoniens. Chaque chevalier esquiva l’attaque ennemie, para les coups et ripostèrent. L’entraînement des bretoniens leur permis de prendre le pas sur leurs adversaires, certes plus grands et plus musclés qu’eux, mais qui ne savaient guère se battre. Bientôt, une dizaine d’individus gisaient dans une mare de sang.
Bret rivait son  regard à celui de la silhouette étalée par terre.
« Vous devrez partir » siffla t-elle. « Ce n’est pas un coin pour vous ! »
« Après tout ce que nous venons de faire, vous nous faites pas peur. Tes compagnons sont morts, ceux que tu nous a envoyé chez nous aussi…Tu es seul ! »
Yvain s’approcha alors.
« Dis nous ce qu’on veux savoir et tu auras la vie sauve ! »
L’individu cracha par terre.
Soudain, il se mit a psalmodier. Une explosion retentit. Un flash blanc aveugla un instant les bretoniens. Lorsqu’ils recouvrirent la vue, l’individu avait disparu.
« Merde un mage ! » Gronda Bret.
« Non, juste quelqu’un qui sait utiliser de la poudre » répliqua Yvain. « Je connais ça. »
Il se frotta les yeux.
« Trouvons une autre cachette. L’ennemi va commencer à nous craindre… »
« Et surtout a nous envoyer plus de troupes » gémit Nixon.
« Nous sommes bretoniens, nous n’avons peur de rien ! » S’offusqua le général.
« Mais je n’ai pas peur, seulement, nous aurions pu démêler cette affaire tranquillement et en toute discrétion, maintenant c’est fichu »
« On avait pas d’autre alternative » répliqua sèchement Yvain.
Tout le monde se tut.
« Moussillon, nous voila » fit Yvain.

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  Posté le 05/01/2006 12:17:59
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   J'adore ce complot de l'intérieur ! Aller en plein coeur de la ville et la "purger" avec juste quelques hommes ... quels bretoniens !

Très bons texte, j'aime bien ce thomas, qui aime bien la diplomatie. Une note, bah 19/20 évidemment, on s'ennui pas, le style est bon !

Dès qu'un homme est né il est assez vieux pour mourir - Heidegger

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  Posté le 09/01/2006 20:59:52
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Chapitre IV ; les Gardes Noirs

Rufus regarda par la fenêtre de sa maison et aperçut une dizaine de silhouettes passer dans la ruelle, en rang par deux, formant une longue colonne. Les passants s’enfonçaient carrément dans les murs des bâtiments, comme s’ils ne voulaient faire plus qu’un. En effet, la Garde Noire n’était pas réputé pour son hospitalité.
Barde Dur ne savait que peu de chose de cette fameuse Garde. Il ne savait pas le nom de leur officier, mais il savait qu’elle appartenait à son Maître. Il savait aussi que c’était l’une des plus dangereuses gardes du monde. Dix individus. Dix personnages n’ayant jamais peur, très fort, ne faisant que s’entraîner.
Jusque là, la Garde n’avait agis que par quatre fois, depuis les 20 ans que Rufus traînait dans les parages. Et toujours pour des opérations auxquelles n’importe quels autres soldats se seraient fais éliminer. En l’occurrence, Rufus avait entendu parler de l’attaque avortée sur une maison et d’une embuscade échouée…toujours contre ces maudits nouveaux. Il était donc certain que le Maître avait décidé d’envoyer ses soldats d’élites pour les anéantir.
Il se frotta les mains et se tourna vers ses hommes. Au fond de la maison, la silhouette d’une quarantaine de zombies était immobile. Devant eux, six hommes se tenaient droits et fiers. Encore quatre autres attendaient à l’étage et deux autres surveillaient l’entrée de l’immeuble.
« Bien, nous n’allons pas tarder à opérer » Il ricana. « Seulement, je ne sais pas exactement combien ils sont à l’intérieurs, donc nous allons attendre encore quelques jours avant de leur tomber dessus, histoire qu’il envoie encore quelques hommes à la mort. »
« Patron, qu’est-ce qui vous fait croire, que la Garde ne va pas revenir ? »
Rufus haussa les épaules
« Un simple pressentiment. Ces mecs qui ont éliminés mes hommes sont forts, très forts, je pense même qu’il s’agit de chevaliers bretoniens. Sans doute ont-ils commis un grosse faute pour qu’ils viennent ici…Dans tous les cas, on va profiter de leur venue pour prendre le pouvoir…N’oubliez pas ce que je vous ai dit. »
Un  silence s’installa dans l’assemblée. Les six hommes se dévisagèrent. Rufus était un homme riche…influent même, mais le maître…On disait qu’il savait tout à l’avance. Et si leur complot était déjà avorté ? Si le Maître de la Ville connaissait à l’avance la trahison de Rufus ? La torture les attendait dans les cachots sombres de l’hôtel de ville.
« Seulement, il ne va pas falloir compter que sur ces nouveaux. Nous devons nous même nous charger un peu…faire un peu de place… Eliminer un par un nos ennemis. On peut déjà éliminer quelques notables…ou des constables du Maître. En laissant des indices pour faire croire qu’il s’agit des nouveaux venus. »
Il désigna du doigt une foule d’épées bretoniennes entassées les unes sur les autres
« C’est pourquoi je vous ai dit de vous entraîner avec ces armes…on en laissera une sur place…Seuls les bretoniens emploient des épées…Rares sont ceux qui emploient des haches et des masses d’armes…Hors, le Maître sait que l’équipement des nouveaux sont des épées uniquement.  Vous avez compris ? »
Ils hochèrent la tête. Chacun avait une mission. Chaque mercenaire irait éliminer un notable. Chacun avait sa cible. Rufus sourit, dévoilant des dents jaunies par le temps et une belle carie.

Le Maître tapota le bras droit de son trône d’os et tourna son visage encapuchonné vers l’obscurité.  
« Autre nouvelle ? »
Une voix grave lui répondit ;
« Non. La nouvelle bande n’a pas entièrement disparus, mais elle a trouvé un lieu où il sera difficile de les exterminer. La Garde devra attaquer de front. »
« Ce sont d’excellents soldats » fit une voix basse.
Le Maître tourna la tête de l’autre côté.
« Oui, je sais. »
« Et s’ils mettaient à mal la Garde ? »
Un long silence plana. Le Maître reprit.
« Je ferais en sorte que chaque bande les attaque…ça fera un peu de vide. Cette Cité commence à être un peu trop comblée…Mais avant, je leur enverrais un émissaire…Je leur demanderai de travailler pour moi… »
« Sage initiative » fit la première voix.
« Leur façon de se battre ne m’ais pas inconnue » reprit la seconde voix. « Ce sont de valeureux, fiers et redoutables combattants…leur technique est riche…et très…fluide…Il peut s’agir d’un groupe de bretoniens  ayant commis des fautes graves et décidant de s’établir ici. Cela s’est déjà vue… »
« Et je te rappelle que cette bande dont tu parles…qui s’est établis ici, a été exterminé trois jours à peine après leur venue…par Rufus et ces hommes justement. »
« Je le reconnais. Cela sont d’une autre tempe ! »
« Silence ! » Tonna le Maître.
Il se leva. Des éclairs violacés parcoururent son corps. Il s’avança dans l’obscurité et s’immobilisa devant la créature a voix grave. Moins d’un mètre de haut, dos courbé, chauve, c’était une parodie d’un être humain et même d’un nain, malgré le manque évident de pilosité. Son visage était couvert de pustules. Une boule brillait légèrement devant lui. La créature passa une main sur l’objet et celle-ci s’éclaira un peu plus. La Garde Noire apparut. Traversant la ville vers leur proie.
Le second individu qui avait parlé les rejoignit en silence. Grand, maigre, ne portant qu’un simple pagne. Sa peau était couverte de scarifications. Il portait une barbe rousse. Normalement, cela aurait du être lui a posséder une voix grave et à la créature de parler à voix douce, mais c’était tout l’inverse.
« La Garde Noire va encore faire parler d’elle » murmura la créature. « Mais en tant que victorieuse ou en tant que vaincue ? »
Le Maître ne pipa mot. La seule personne ayant le droit à avoir des doutes ici c’était bien cette chose.  Sans elle, il s’avouait même qu’il ne serait pas sur ce trône à l’heure actuelle. Il baissa le regard vers la boule. Un passant qui ne s’était pas écarté assez vite à cause de sa jambe brisée fut percuté au niveau de la poitrine par une énorme hache. Le corps frêle se scinda en deux et tombas au sol, dans un geyser de sang.
« Il faut une réputation » songea tout haut le barbu. « Je me demande si ces nouveaux venus ne la cherche pas…En nous portant préjudice. »
« On verra en tant voulu. Je veux savoir si la Garde va atteindre son objectif ou si elle va souffrir. C’est un peu un test » grommela le Maître.
Il claqua des doigts. Aussitôt, le trône arriva par les airs et tomba doucement sur le sol. Le Maître prit place et attendit, regardant la boule.

« Quelle journée pourrie » grommela Nixon.
Une fine pluie s’abattait sur Moussilon. La brume s’était volatilisée, mais on n’y voyait pas loin pour autant.  
Ils s’étaient trouvés une sorte de maison avec un toit a demi courbé. Il n’y avait qu’une entrée, la façade avant de la maison qui s’était effondrée, ne laissant qu’un petit muret. Christian et Bret étaient de gardes. Les autres se reposaient, assis sur leur lit de camp.
Yvain fit craquer l’articulation de ses doigts et se tourna vers Thomas.
« Tu dois te poser beaucoup de questions à mon sujet, mon ami, mais tu sauras le tout en temps voulu. La patience est une vertu. Une chose pourtant que tu dois savoir,c’est que je suis déjà venu ici par le passé, ici et à Mordheim. Mordheim en quête d’une quelconque gloire que je n’ai pas trouvé. J’ai pourtant tué des dizaines de créatures étranges, mais aucune qui aurait pu me faire mériter un titre glorieux. Je suis venu ici. J’étais jeune. J’ai tenté ma chance dans cette cité morte…ou presque…et j’ai encore échoué. »
Il n’en dit pas plus.
« Il existe quelques sectes et cultes bien placés au sein de cette ville. Il existe également une sorte de gouverneur…mais personne ne sait où il crèche. L’évidence serait soit l’hôtel de ville, soit le Château…mais comme tu le sais, personne n’est revenu vivant du château et personne d’ailleurs n’a jamais vu quelqu’un entrer, ou alors n’en est jamais ressortit. Bref, j’ai longuement réfléchis et je me suis demandé s’il n’existait pas des passages secrets menant au château…des catacombes…où des gens entreraient et sortiraient…Le fait que personne ne voit quelqu’un entrer ou quelqu’un en ressortir permet à la légende de tenir le coup. Mais bon…je ne pense pas qu’on ne puisse pas venir à bout de cette maudite Cité. Il faudra la purger tôt ou tard. Nous n’allons pas le faire de nous-même, mais nous allons découvrir la vérité…Qui dirige cette ville…Et retrouver notre cher banquier disparu. Mort ou vif, que m’importe. »
Il prit une brindille et la mâchouilla.
« Seulement, j’aurai préféré avoir une sorcière avec nous. En guise de soutient. Cette Cité est saturé de pouvoirs maléfiques. Le Faux Graal. Moussilon détruite et ce sera une paix dans l’esprit des gens.  Mais en attendant… »
Il haussa les épaules.
« Ce ne sera pas demain la veille, n’est-ce pas ? » Demanda Thomas.
« Hmm ? »
« Que nous purgerons Moussilon, nous…ou le Roi. »
Yvain opina du chef. Un bref rictus apparut sur son visage.
« Non en effet. »
Il se leva et s’étira.
« Le Roi à pour l’instant des choses plus importantes à faire. Vérifier l’anéantissement de l’armée Hommes Bêtes, rétablir un peu la paix aux frontières, discuter d’un traité avec l’Empereur,  lancer un raid dans le sud, vers le territoire des hommes rats…du moins à ce que l’on dit…puis il s’occupera de Moussilon…S’il est encore en vie. »
Thomas se demanda ce qui rendait si perplexe Yvain. Et aussi si pessimiste. Ne disait-on pas que Cœur de Lion était le plus fort de tous les rois, le plus grands, le plus valeureux ?  Mais le jeune chevalier se dit qu’il était encore qu’un simple novice. Yvain avait connu beaucoup plus de choses que lui.  Il était plus mature.
Il ne se posa plus de question.
« On a de la visite ! » Annonça Bret calmement.
Chaque bretonien se leva, dégainant leur épée.

Thomas se demanda qui étaient ces grands individus recouverts de la tête aux pieds d’une armure noire, aux reflets violets. Il n’eut pas le temps d’aller plus loin dans ces interrogations, la hache du premier s’abattait sur lui. Il bondit et riposta. Son adversaire para l’assaut d’un simple revers, se tourna vers lui et attaqua. En l’espace de cinq secondes, une pluie de coups tombait sur le jeune chevalier, obliger de reculer.  Il se défendit, cherchant une faille invisible jusque là. Il riposta une fois et son épée heurta la lame de son adversaire. Des étincelles en jaillirent. L’ennemi se dégagea. Thomas attaqua de nouveau. Une nouvelle fois son épée fut stoppée. Agacé, le jeune chevalier  fit glisser rapidement son épée vers la gauche et son coude cueillit le soldat en visage. Une bêtise. Même avec une protection métallique au coude, il sentit la douleur irradier dans son bras alors que l’autre n’avait même pas bougé sur le coup.
Son ennemi riposta. Thomas plongea, roula au sol et tendit ses deux pieds en même temps vers son adversaire. Il grimaça de douleur. L’homme ne broncha pas et avança sur lui, abattant encore une fois son arme. L’ancien sergent roula sur le côté. Il sentit des gravillons le frapper au dos et se redressa d’un coup,  faisant tomber sa lame. Un choc. Il releva son épée et la rabattit. L’armure ennemie encaissa sans problème. Jurant et suant, le chevalier dut esquiver un nouvel assaut, puis tenta une feinte à droite pour attaquer à gauche…en vain. L’ennemi bloqua sans problème son attaque. Un coup d’œil vers ses compagnons lui apprit qu’ils étaient aussi mal en point que lui.
Il recula, faillit trébucher, mais évita ainsi la hache de son adversaire qui venait de droite à gauche. Il retrouva son équilibre et donna un coup de pied entre les jambes de son agresseur…Il sentit la douleur et grommela. Son ennemi faisait revenir son arme. Thomas bondit en arrière et les deux hommes se tournèrent l’un autour de l’autre. Son adversaire paraissait muet.
Un cri déchira l’air. Bret tomba, un gros trou dans sa poitrine.
Les combats allaient devenir inégaux, déjà que un contre un c’était dur, alors deux contre un…
Thomas se jeta sur son adversaire. Le soldat parut surpris, recula, leva sa hache pour se défendre et le jeune chevalier tenta d’empaler son adversaire toujours entre les jambes. Il eu la satisfaction d’entendre l’homme grogner et reculer. Seulement deux centimètres de la lame du chevalier avait pénétré l’armure.
« Les jointures ! » Aboya alors Yvain. « Frappez les aux jointures ! »
Désormais, l’ennemi allait faire attention, mais le conseil n’était pas tombé dans l’oreille de sourds. Thomas esquiva deux autres assauts, contre attaqua, fit plusieurs bottes et arracha un morceau de plaque à son adversaire. Alors que le soldat abattait sa hache, l’ancien sergent plongea en avant et chercha le cou de son adversaire. Il le trouva et sa lame le traversa de part et d’autres. Le Garde hoqueta. Thomas retira son épée et son agresseur s’effondra. Alors, il vit que Nixon était mort lui aussi. Yvain était aux prises avec deux autres ennemis. De même que Christian.
Il opta pour aider Christian car Yvain était le plus fort des deux et pourrait tenir plus longtemps. L’autre chevalier avait arraché un morceau d’armure mais sans plus. Le second ennemi allait le prendre de dos. Thomas s’interposa et bloqua l’attaque. Dos à dos, les deux bretoniens combattirent vaillamment jusqu’à ce que, les deux Gardes s’écroulent, morts de multiples blessures.
Ils se tournèrent alors vers les derniers Gardes. Ceux-ci jonchaient le sol. Yvain rengaina
« Qui sont-ils ? »Demanda Christian.
« Des Gardes Noirs. Visiblement on dérange certaines personnes. Allez les gars, on change de  place ! »

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  Posté le 17/01/2006 22:03:15
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Chapitre V ; Une offre

« Et maintenant ? » Demanda le sorcier en se tournant vers le maître.
Un instant ce dernier resta plongé dans ses pensées.
« On leur fait une proposition. S’il la refuse faudra trouver un moyen de s’en débarrasser ! »
Il se tourna vers l’obscurité et claqua des doigts. La mort de dix de ses gardes le rendait fou de rage.  Inévitablement cela allait s’ébruiter. Il serait la risée de Moussilon. Il devait se reprendre. Le chef des humains lui disait quelque chose. Mais il n’arrivait pas à mettre un nom dessus.
Un homme frêle apparut, tête inclinée. Il tendit un papier et une plume au Maître qui prit les deux ; Après quelques griffonnages dessus il les rendit à l’homme.
« Tu apportes ça à ce nouveau groupe. Nikel te diras où les trouver ! »
Le sorcier nommé Nikel acquiesça, même s’il n’était pas visible du messager.  Il était tout de même télépathe et cela suffisait.

Le messager trouva plutôt rapidement les bretoniens. Grelottant de froid et de terreur, il s’inclina devant Yvain qui le regardait, suspicieux.
« Une offre…de mon maître… »
« Comment se nomme ton maître ? » Demanda le général.
« Le Maître… »
« Hmmm » Yvain arracha la missive des mains du messager.
L’homme resta sur place. Yvain haussa les sourcils.
« Je suppose qu’il veut une réponse immédiatement ? »
L’homme opina.
Alors Yvain lu ; la missive était simple.

« Soldats, vous avez sût montrer vos prouesses martiales et ce serait avec joie que je vous accepterai au sein de mon équipe en tant que garde du corps ou bien en tant qu’agents. Vous serez très bien traités et très bien payés. Ne refusez pas cette offre, jamais vous en aurez deux du même genre. Celle-ci reste valable une fois.  Si vous refusez, vous aurez tout le monde sur le dos. Vous voulez une grande place, une bonne situation dans notre ville…alors acceptez. »

La signature était une tâche violette. Une lettre au centre. Un grand M.  
Yvain ricana.
« Et puis quoi encore ? »
Il déchira devant les yeux médusés du messager la lettre. L’homme faillit avoir une crise cardiaque, déglutit.
« Mais…mais… »
« Il n’y a pas de mais qui tienne…Et d’abord comment nous avez-vous trouvé ? »
L’homme recula. Yvain dégaina son épée.
« Je ne..pitié, je ne puis vous le dire…pitié… »
« Dis ! » Aboya Yvain.
« L’homme déglutit péniblement, trébucha sur un morceau de caillou et tomba. L’épée d’Yvain vint se loger sur le cou du messager.
« Alors ? »
« D’accord… » fit l’homme. « En fait… »
Soudain un spasme l’agita. Son  corps fut agité de soubresaut. De la bave rosâtre sortit de sa bouche et coula le long de son menton.
« Merde ! » Fit le général.
Puis l’homme s’immobilisa ; Yvain rengaina son épée.
« Rien à faire. Mais je sais où chercher notre maître ! »
Il se tourna vers les derniers survivants.
« En avant à l’hôtel de ville ! »

Grondant de rage, le Maître se tourna vers Nikel.
«On se tire d’ici…j’aurai pas du leur demander cette faveur. Ce type est malin ! »
Il entama alors une invocation. Aussitôt, un trou apparut dans le sol. Le Maître se tourna vers un grand homme brun à la barbe mal taillée.
« Isos, tu te charges d’eux ; je ne veux pas qu’ils entrent ici ! »
L’homme s’inclina. Heureusement pour lui, il n’avait pas vu la scène et ne savait pas que la Garde Noire, du moins une partie avait été tuée.
Il salua alors que Nikel et le Maître pénétrait dans le trou et que celui-ci disparaissait à son tour.
Subitement, l’obscurité dans la pièce s’interrompit. Les flambeaux et  les torches éclairèrent la pièce. Des dizaines de squelettes étaient menottés, enchaînés aux murs et aux colonnes. La boule de cristal était posée sur un autel. Plusieurs membres squelettiques étaient visibles autour.
Des gardes aussi étaient présents. Une dizaine. Dix mercenaires sur équipés. Devant la porte de la salle, deux Gardes Noires. En tout dans l’hôtel de ville, il devait bien y avoir au moins une quarantaine d’individus. Que feraient huit hommes contre quarante ? Rien.
Il sourit ; enfin, il allait montrer au Maître qu’il méritait sa confiance. Ainsi il gagnerait honneur et argent et puissance.
Il se frotta les mains, sortit de la salle et descendit les escaliers.

--Message edité par Archicon le 2006-01-17 22:03:39--

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 hadeth
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 hadeth
  Posté le 18/01/2006 12:48:23
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   Wouhou ! J'adore ce dernier chapitre. On passe d'un camp à l'autre rapidement, de la vitesse, des dialogues. Un chapitre bien efficace quoi ! De l'action en perspective aussi ! vraiment très bien ! 19/20

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 Archicon
  Posté le 18/01/2006 12:55:38
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A ok merci, enfin un commentaire depuis le temps que j'attends...
Hmm j'ajoute que faire une histoire de battle sans action est beaucoupl plus difficile que faire une histoire de 40K. C'est simple je compare les deux, ;là j'en suis au chapitre 5 et encore c'est cours tandis que dans 40K je suis a la partie 24^^nan 25 today^^
Bon, donc la suite...euh...dans quelques jours^^

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