seivan mac carthy Messages postés : 61 Voyageur |
Posté le 18/04/2006 10:43:06 | | La traversée vers l’île ne dura qu’une journée. Les vaisseaux Elfiques sont d’une autre facture que ces vulgaires coquilles de noix Orque ou humaine. Seivan passa le reste de la nuit assis sur un des meubles de la cabine de Deketh. Il regardait ce visage angélique qui lui inspirait à la fois une peur indicible et une passion dévorante. Comme il en avait l’habitude, ses yeux bleus se perdirent dans le vague et ses pensées les suivirent.Il errait dans son monde parallèle où lui seul était le maître, où le temps n’avait qu’une valeur relative, où même une humaine pouvait être acceptée par les Elfes… Il en sortit brutalement avec l’éveil de Kyrianen. Etrange comme l’histoire se répète. Combien de fois allait-il attendre la fin de son sommeil ? Quand sera le dernier ? Celui où Seivan attendrait éternellement que ses yeux s’ouvrent.
« -Bonjour dit calmement Seivan
- Bonjour, répondit elle endormie
- Puis-je vous examiner ? Je crains que cette larve de Lamécarlate ait touché un point vital… Il en serait capable marmonna-t-il.
- Bien… Oui… Dit elle hésitante. »
Seivan fit glisser ses mains sur sa nuque, ses reins et autres points vitaux qui était susceptible d’avoir été la cible de l’autre assassin. Ses mains, Kyrianen les sentait a peine. Mais quand il les appliquait, elles étaient froides et douces.
Quand il eut fini son auscultation, il se recula et dit avec une voix où perçait une tonalité soulagée :
« - Rien. Votre constitution est excellente, pour avoir résisté à ses coups… »
Puis il s’assit à la table. Il attendit patiemment qu’elle prenne la parole. Alors qu’elle se redressait sur la couche ses cheveux blonds couraient dans un mouvement gracieux sur sa poitrine et son visage. Elle les rabattit avec une féminité tout a fait Elfique pensait l’Elfe Noir subjugué. Il reprit ses esprits, du moins il essaya. Elle vint rejoindre Seivan à la table.
« - Maître Seivan, je vous dois beaucoup : ma vie. Serai-ce malaisé de vouloir mieux connaître son sauveur ?
Seivan parut réfléchir au sens de ses dires.
- Non en effet. Il marqua une pause et ajouta : Soit, posez moi les questions qui vous taraudent et je répondrai si je peux. »
Kyrianen fut quelque peu surprise par ce revirement d’attitude. Elle s’attendait à un refus net. Mais maintenant qu’elle pouvait voir à l’intérieur de cet Elfe elle se demandait si elle en avait vraiment envie. La peur d’être déçue ? La peur de l’inconnu tout simplement se disait elle en elle-même. Alors elle se jeta à l’eau.
« - Avez-vous une famille maître Seivan ?
- … Théoriquement non. Mais j’ai un frère.
- Théoriquement non? Repris-t-elle interrogative C’est parce que vous êtes assassin ?
- Vous verrez bientôt dit-il avec un air amusé qu’elle n’avait encore jamais vu sur son visage d’albâtre.
- C’est à cause du temple de Khaine ? Ils vous interdisent de voir votre frère ? Mais… je ne comprends pas…
- Vous saurez tout sous peu, dit il en riant de l’incrédulité de son hôte. »
Kyrianen hésita franchement avant de poser la question suivante qui lui occupait l’esprit.
« - Combien de vie avez-vous brisées ?
- Des centaines, dit-il sans se départir de son calme.
- Vous n’avez donc aucun remord, aucune pitié ? S’emporta-t-elle ?
- Ma Dame. Vous êtes payée pour protéger vos semblables humains. On vous nouri et on vous loge pour ça. Moi je suis payé pour les tuer. Je suis né pour ça, j’ai été entraîné pour ça, et je ne sais faire que ça de toute façon…
- Je vois… Mais répondez à ma question : Eprouvez vous de la pitié ?
- Non. »
La brutalité de la réponse laissa l’Humaine bouche bée.
« - Et puis la pitié, je ne sais même pas ce que c’est vraiment… Vous voulez dire, si j’hésite avant de mettre un terme à la vie d’une mère de famille et de ses enfants ? C’est ça la pitié ?
- Poussée à l’extrême oui c’est ça…
- Alors non. C’est sur, je les tuerais sans aucun doute. Mais réfléchissez, est-ce un crime ? La vie est tellement insignifiante. Leur vie est insignifiante ! Vous savez ma Dame, peu d’êtres peuvent influer sur l’équilibre du monde. Tuer ces personnes constitue un crime car leur vie peut changer celles de millier d’autre. Mais une simple mère de famille… Sa vie n’est qu’un futile passage sur notre monde, alors qu’il soit court ou long… Quelle importance ça a ?
Kyrianen fut atterrée par cette philosophie. Atterrée parce qu’elle savait qu’il avait raison au bout du compte. Elle repensait a ces innombrables guerres, batailles où des milliers et des milliers d’Homme, d’Elfes ou de Nains mourraient comme on éteint une bougie. Il avait raison… La vie n’est rien dans ce monde secoué par les conflits. Elle resta interdite un bon moment. Son regard passa par le hublot qui donnait sur le pont où deux Elfes montaient la garde.
« - Pourquoi vos hommes ont-ils peur de vous ?
- En une phrase vous avez commis trois erreurs. D’une, ce ne sont pas des Hommes mais des Elfes. De deux ils ne m’obéissent pas et de trois ils n’ont pas peur.
- Mais ces visages qu’ils prennent quand vous passez prés d’eux ? N’est ce pas de la peur ? Il vous craignent c’est évident.
- C’est peut être vrai, dit Seivan rêveur.
- Pourquoi ?
- J’ai tué un Elfe.
- Et alors ?
- A Klar Vadar, ma ville, tuer un autre Elfe de quelque nature qu’il soit, c’est le plus haut crime qu’il existe. Ce n’est même pas imaginable pour nous.
- Je ne comprends pas, que faites vous de vos batailles fratricides contre les Haut-Elfes ou entre vous-même ?
- Le Dynaste de la cité obéit au Roi des Elfes tant que celui-ci ne l’oblige pas a tuer d’autres Elfes.
- Malékith ? Kyrianen tombait des nues.
- Oui, mais ceci est un secret que je ne connais pas. »
« Il ment » Pensait l’humaine. Ils discutèrent ensuite de choses et d’autre, comme de vieux amis. Kyrianen sentait l’effroi de leur primer contact se convertir en une affection étrange. Une sensation inconnue… « Ne tombe pas amoureuse d’un Elfe » se répétait elle sans arrêt.
Alors que la Lune commençait à s’arroger la place du soleil, le bateau s’immobilisa. La discussion entre Seivan et Kyrianen avec. L’Elfe s’élança avec félinité vers la porte en disant à la jeune Dame de ne pas bouger.
Seivan sentit l’air frai de la nuit sur sa peau diaphane. Tout avait revêtu une teinte différente. Bercé par sa félicité, il oublia presque où ils étaient. Quand il s’en rendit compte en montant sur le pont où se trouvait la barre, il revint soudainement sur Terre. Le navire venait d’accoster au port provisoire de l’île base des Elfes. On pouvait y observer la flotte de Klar Vadar dans toute sa splendeur. Des mâts en pointes, des voiles noires et rouges ornaient la baie. Les navires étaient de trois types. Les plus gros, appelés les croiseurs étaient au nombre de trois. Ces majestueux navires de bois noir et de métal étaient immenses. Des tours était disposés à la proue et à la poupe, des créneaux effilés en égaillait le contour. Ils disposait de trois mâts, l’un deux fois plus gros que les autres. Un croiseur pouvait embarquer jusqu'à 100 hommes et leur équipement, ils étaient de plus dotés de multiples passerelles d’abordages, dont les corsaires raffolait. Les suivants, les plus nombreux se nommait destroyers. C’était le type de navire sur lequel Seivan avait fait le voyage vers la côte. Il était de taille raisonnable. Ils étaient rapides et puissamment armé. La garnison pouvant compter deux bataillons complets et les matelots. Enfin les croiseurs avait souvent recours au frégates d’attaque pour immobiliser les navires trop rapides (assez rares du reste, d’ou le nombre réduit de frégate). Ce genre de navire très petits sont les plus rapides des mers, embarquant avec un bataillon (de corsaire le plus souvent) ils attaquent et immobilisent un navire ennemi alors que le croiseur ou le destroyer arrive en renfort.
A la vue de cette flotte appareillée Seivan se rendit compte qu’il fallait réagir. Il vérifia la présence de son épée, de ses aiguilles et de son arbalète. Tout était là. Seivan reprit son sang-froid. Il alla à la cabine où son amie l’attendait.
«- Suivez moi tête baissée. Sans le moindre mot. Ne remuez jamais les lèvres sinon vous allez mourir. Là où nous sommes vous ne valez rien. Je ne peux pas avoir d’esclave, donc je vais vous confier à Deketh. C’est mon ami il vous protègera comme je le fait. Mais même à lui, ne lui adressez pas la parole. Car si il veille sur vous c’est uniquement parce que je lui ai demandé. Compris ? »
Kyrianen écoutai abasourdie. Mais Seivan à son expression, vit qu’elle avait saisit l’importance de son silence.
A ce moment précis, le susnommé Deketh pénétra dans la pièce étroite. Dans l’instant, comme lui avait indiqué son protecteur, elle s’inclina et garda la tête baissée, regardant ses pieds.
« - Suivez moi » Ordonna l’Elfe aux cheveux argentés. Sa voix était gutturale quand il parlait la langue des humains.
Puis Seivan la regarda partir avec le Patricien du bataillon, son ami Deketh. Il avait revêtu son armure aux reflets dorés et son casque.
Seivan rejoignit le pont. Il se mêla au bataillon de lancier qui descendait. Il avait lui-même mis une armure et une cotte de guerrier. Il descendit en rang avec un jeune soldat en vis-à-vis, la civière qui portait Lamécarlate toujours végétatif juste derrière. Puis le chef de ce régiment, qui n’était autre que Deketh ordonna l’arrêt et la mise en rang par deux ligne de dix. Les Elfes s’exécutèrent.
« - Garde à vous ! Quart de tour, gauche ! »
Seivan ne se demandait pas se qu’il se passait comme le jeune derrière lui. Il le savait. Alors un chevalier Elfe monté sur un sang-froid noir et blanc se montra dans la brume qui couvrait le quai. Il descendit à bas de sa monture et vint vers les soldats d’un pas lent et hautain. Deux chevaliers en armure complète l’escortaient. Il portait une armure dorée finement ouvragée. Deux logues lames ornaient son heaume. La plus belle armure jamais fabriquée. Les Elfes y avait mis tous leur talents. Elle suintait de magie, telle une cascade. Elle entourait son porteur d’une aura bleutée surnaturelle. Elle ne semblait pas peser lourd, les mouvements de l’Elfe étaient fluides et sans à-coups.
Il atteint finalement le couple de soldat a l’extrême gauche, Deketh et son porte étendard. Seivan senti la présence de Kyrianen a genoux a sa gauche. L’Elfe doré ne lui accorda même pas un regard.
Il dit d’une voix qui semblait venir d’outre tombe (alors qu’elle venait juste de son armure… ^^) à Deketh :
«- Où sont ils ?
- Lamécarlate est là bas, dit il en désignant le bout de la ligne où était posé la civière. Quand à Seivan… Je ne sais pas où il est.
-Lamécarlate a été blessé lors de sa mission ? demanda le seigneur d’un vois égale
- Il semblerait qu’il ait attaqué Seivan et qu’il ait encore perdu… »
Le seigneur enleva son casque à ses paroles. Kyrianen se risqua à un regard furtif. Elle faillit crier de surprise.
« Mon Dieu ! Des jumeaux ! »
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