Son of Malice Messages postés : 36 Voyageur  |
Posté le 14/10/2005 18:00:52 | | Ils étaient arrivés en pleine nuit, les gardes furent tués par des tirs d’arbalètes d’une précision hors du commun, puis ils étaient partout tuant vieillards et enfants. Quant à nous, les adultes, nous fûmes, pour la plupart, surpris dans notre lit. Toute tentative de résister ou de fuir fut récompensée par la mort. La mort. Je pense que vu ma situation actuelle, la mort serait une douce délivrance. Nous fûmes rassemblés comme du bétail sur la place pour être enchaînés les uns aux autres. Nous étions encerclés par des maudits elfes et au moindre geste suspect, une dizaine d’arbalètes se levaient, prêtes à tirer. Par la suite, nous dûmes nous mettre en marche sous la vigilance de nos gardiens. Nous marchions depuis une ou deux heures, je ne sais plus. Je me souviens juste que c’était vers l’ouest, vers le port d’Arve. J’étais content alors car Arve était une ville côtière fortifiée et que inévitablement la garde d’Arve allait nous voir et nous délivrer. Au détour d’un bosquet, je vis avec horreur et consternation que la moitié de la cité était en feu. La lumière projetée par les flammes me laissait aussi voir d’autres colonnes de prisonniers venant sûrement, comme nous, de villages de la région, qui se dirigeaient toutes vers le reste du port. Le plus horrifiant était sans doute cette ombre qui se situait en pleine mer. On aurait dit une forteresse qui flottait, sauf que ça ne flotte pas une forteresse. Il nous fallut encore une heure pour rallier Arve. Le port était encombré d’épaves de bateaux à moitié calcinées. Cependant trois quais avaient été nettoyés et un véritable ballet de galions faisait des aller retour entre cette forteresse flottante et le port. Pendant la traversée des quartiers résidentiels, je regardai un peu partout. Bien mal m’en pris ! La rue principale sur laquelle on était, avait été déblayée, les cadavres formant de petits tas que je pouvais apercevoir au coin des rues ; de plus, des runes de sang maculaient les murs des maisons. Il me fallut quelques minutes pour réaliser que nos geôliers s’en servaient comme panneaux indicateurs pour traverser la ville. Après ce rapide coup d’œil, je gardais mon regard fixé sur le dos d’un de mes compagnons d’infortune. Arrives devant un galion, il y eut un bref comptage et il semblait que nous étions trop nombreux pour pouvoir rentrer tous dans la cale. Cela ne posa pas vraiment de problème à nos agresseurs qui s’emparèrent d’un groupe d’une vingtaine de prisonniers et les jetèrent dans l’eau, les poignets et les chevilles encore attachés. La cale était déjà bondée par d’autres captifs mais nous fûmes entassés comme des bestiaux. Le voyage dans le galion ne dura qu’une petite heure de minutes puis l’enfer, le vrai, commença. Nous débarquâmes sur cette forteresse de démence. Sur les créneaux étaient exposés le reste de corps affreusement mutilés. De plus des oiseaux de malheurs tournoyaient au-dessus des plus hautes tours de la forteresse. Je compris mon erreur plus tard quand une de ces créatures vint empaler un prisonnier qui était mis en offrande pour ces démons. En parlant de démons, je devrais dire démones car elles avaient un corps de femme, avec des ailes, des mains et des pieds démoniaques. C’est avec un ricanement dément qu’elle repartit rejoindre ses consoeurs. Nous dûmes suivre une multitude de couloirs avant d’arriver à nos quartiers. « Nos quartiers » étaient, en réalité au fond d’une salle humide et noire. J’ai du avoir un moment d’hésitation avant d’entrer car le geôlier me gratifia d’un bref sourire puis une douleur intense se fit ressentir dans ma tête. En m’effondrant par terre, poussé par mes congénères, je découvris que je saignais abondamment. Deux semaines passèrent. J’ai eu le temps de comprendre que cette elfe qui m’avait souri l’avait fait plus par anticipation à ma douleur que pour une quelconque raison. Mon oreille gauche avait été tranchée d’un mouvement bref et précis. Ces deux semaines que nous avons passées, se déroulèrent au rythme des cris de tortures et rires sadiques de nos tourmenteurs. Dans mes rares moments de lucidité, je réalisai que plusieurs de mes frères d’infortune avaient déjà perdu leur raison. Quant à moi, je préférai retomber dans ma torpeur due à la faim, à la souffrance et aux persécutions de nos geôliers.
Dernières pensées d’un citoyen de l’Empire sur l’arche noire « Désespoir ».
Son of Malice
--Message edité par Son of Malice le 2005-10-14 18:02:31--
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