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forum Index du forum forumVos créations, background et récits... forumConcour de nouvelles Janvier 2006

Auteur : Sujet: Concour de nouvelles Janvier 2006  Bas
 tharivor
 Modérateur
 Messages postés : 2538
 Empereur
 tharivor
  Posté le 03/01/2006 01:49:31
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Donc pour ce mois-ci, le concour de récits serra libre.

C'est à dire, que vous pouvez postez un texte sur le thème que vous voulez, seul la qualité de celui-ci serra jugé.

J'espère que cette méthode vous plaira d'avantage, et serra plus facile pour certain.

Bonne chance à tous

--Message edité par tharivor le 2006-02-02 18:52:07--

Elle arrvie aussi furtivement qu'un murmure
Elle est aussi dévastatrice que la peste
Elle est la meute
 hadeth
 Messages postés : 262
 Chevalier
 hadeth
  Posté le 03/01/2006 12:29:09
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J'ouvre le bal avec un petit texte que j'ai écrit vite fait. Un sujet que j'ai eut peu de fois à exploiter, les orques et gobelins.

----------------

     Klug avançait lentement dans la petite file de gobelins où il se trouvait. On entendait les bruits assourdissants des canons au loin, des cris, le combat faisait rage. Sur sa colline où il se trouvait, Klug ne voyait presque rien du spectacle. Il distinguait quelques unités de ses frères, lance à la main, face à des impériaux qui faisaient le double de leur taille. "l'sont dans la merde ceux-là" se dit-il. Plus loin, quelques squigs rebondissaient un peu à la dérive, des kostos se battaient avec férocité et des orques noirs calmaient une unité de gobelins de la nuit un peu trop dissipée. Klug cru même voir un de ces orques énormes sortir de son unité pour aller égorger un peau-verte qui ne l'écoutait pas. Une bataille comme une autre en somme.
   Plus que deux personnes devant Klug, il fallait maintenant qu'il enfile une paire "d'ailes", ou plutôt de bouts de bois rapiécés et très mal agencés avec un bout de tissu tendu dessus. Il eut du mal à se mettre l'objet sur le dos mais il y parvint finalement. Le voilà comme un oiseau. Il se sentit tout puissant tout à coup, qu'importe sa taille, il écraserait tous ceux qui s'opposeraient à lui. Un orque vint à sa hauteur pour lui rappeler qu'il n'était rien du tout. Le sourire qui s'esquissait quelques secondes plus tôt sur son visage s'effaça à la vue de son cousin peau-verte, bien plus musclé que lui.
   Plus qu'une personne devant lui. Klug rageait de ne pas pouvoir observer plus le champ de bataille. Sur la pointe des pieds il vit un char orque foncer tête baissée vers des joueurs d'épée. Mais non ! Un boulet de canon bien ajusté fit exploser l'embarcation ainsi que les montures et l'équipage dans une gerbe de terre et de sang. L'exaltation et l'excitation s'emparaient maintenant du gobelin, bientôt ce sera l'envol.
   Voilà, c'était son tour. Klug se hissa dans la coupole de la catapulte, il était désormais un plongeur de la mort. "Ouarg, jvé lé tué avec mes nailes !" Se dit-il. Il rangea ses ailes dans son dos pour ne pas empêcher un bon départ. Un orque fit signe d'un geste vif aux deux gobelins qui étaient à l"arrière de la machine de faire partir klug.
   Le plongeur de la mort sentit une forte pression de la coupole, l'accélération était énorme, le vent se prenait dans ses oreilles, génial ! Puis la catapulte s'arrêta net et il fut projeté dans les airs à une vitesse folle. Klug n'en croyait pas ses yeux. Quelle vue magnifique, de là il pouvait tout voir. Sur la colline en face, les canons impériaux crachaient le feu et on voyait les boulets s'écraser plus loin dans des unités de gobelins malchanceux. Au centre du champ de bataille, au cœur de la bataille, un géant piétinait des chevaliers pendant que les joueurs d'épée décapitaient des Kostos à la volée. Mais voilà que des loups vinrent les prendre de flanc. "Niark !" Dit tout haut Klug. "Ca leur apprendra !" Malheureusement il arriva le même sort aux gobelins sur les loups qu'aux orques. "pff ! C'est pô du jeu ! zont des grandes zépées". Le géant, après avoir tuer une dizaine de pistoliers, après les chevaliers, sous ses énormes pieds, trébucha et s'affala sur des lanciers qui étaient venu en soutient à leurs camarades. Il se releva avec peine et aucuns lanciers ne survécut à l'assaut imprévisible.
   Tiens, une mouette qui passe par-là, Klug se sentit vraiment bien, tout puissant. A cinq cents mètres devant lui, le plongeur de la mort précédent était atterrit dans unité de chevaliers du loup blanc. Deux des leurs étaient à terre. Un char à loup vint faucher les survivant mais tout ce qui se passa c'est un mort chez les impériaux et la tête du plongeur qui vola très loin. Face à tant de bestialité, les chevaliers fuirent ; on voyait les gobelins du char sauté en l'air en poussant des cris pour signifier leur victoire. Un autre boulet d'un canon feu de l'enfer vint mettre un terme à cette débandade de rires, les gobelins explosèrent dans un grand "feu d'artifice !" Comme pensa klug.
   Sous lui, des orques noirs se battaient contre des arquebusiers sans trop de difficultés, leurs larges haches balayant les pauvres humains d'un seul geste. Le sang giclait de toute part. Là une tête de cheval séparée du corps. Plus loin des restes de chars et de son équipage, à en croire la couleur de la fourrure des montures, ça devait être un char orque tiré par deux sangliers. Des gobelins, des orques, des hommes, tous étaient mélangés sur le sol taché de rouge.
   Après quelques temps à contempler ce paysage de merveille, Klug vit sous lui une unité de hallebardiers s'approcher à grande vitesse. Beaucoup trop grande d'ailleurs. Le sol se rapprocha à grande allure et Klug eut à peine le temps de penser à déployer ses ailes qu'il avait déjà atteint le sol, sa tête rencontra une pierre sur le sol, elle explosa nette. Du sang vint gicler sur les pieds du sergent de l'unité, quelques mètres plus loin … trop court.

--Message edité par hadeth le 2006-01-03 18:19:29--

Dès qu'un homme est né il est assez vieux pour mourir - Heidegger

http://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 Archicon
 Messages postés : 3116
 Empereur
 Archicon
  Posté le 04/01/2006 13:26:10
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Moi aussi;, un texte que j'ai fait vite fait en 10minutes lol:

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Il s’étira longuement, bâilla a s’en décrocher la mâchoire, puis se leva. Il enfila rapidement plusieurs chemises et son pantalon, passa une ceinture, prit des gants et des bottes et ouvrit finalement la porte.
Un vent glacial s’engouffra dans la petite cabane et fouetta le bûcheron.
L’hiver. Le pire hiver qu’il n’avait jamais connu depuis quinze ans qu’il se trouvait ici. Il soupira.  Il se dirigea vers une sorte d’appentis, ouvrit les divers cadenas et s’engouffra à l’intérieur. Ses bottes s’enfonçaient mollement dans l’épaisse neige qui lui arrivait ainsi au-dessus du tibia. Grimaçant il prit sa hache. Il avait du boulot. Surtout en hiver. Du bois pour faire du feu…le sien comme celui des habitants du petit village à dix lieues de chez lui.
Il jeta un coup d’œil vers son petit entrepôt. Des dizaines de bûches étaient visibles, ainsi que plusieurs trocs d’arbres qu’il fallait couper.
Il s’approcha de l’un d’eux tout en insultant cette maudite neige et ce vent désagréable. Le ciel était bleu, sans nuage, sans oiseaux…mais le soleil ne le réchauffait pas, même s’il se mettait bien en face.
« Rogntudju…sacré vin diu !! Temps de cochon !! »
Puis il se rappela que les cochons qu’il avait vu cette semaine, étaient tous confortablement allongé dans leur porcherie et il jura. Même eux étaient au chaud.
Il abattit sa hache sur le premier tronc…la souleva, la rabattit….
Et un bruit de cavalcade le fit cesser toute activité. Il leva le regard vers trois silhouettes en noires galopant vers lui.
Il baissa sa hache. Mais il la garda dans ses mains. Beaucoup de rôdeurs et de brigands se promenaient ici. Autant être méfiant. Il était doué à la hache…et pas que pour abattre des arbres et les réduire en bûches…
Son regard se plissa. Chevaux noirs. Cavaliers noirs. Heaumes noirs. Epées noires. Boucliers noirs. Bon  sang. Seul contraste, une tête de mort bien blanche sur les casques, sur le front et une autre sur le bouclier.
Quelque chose d’autre attira le regard du bûcheron.
Il ne voyait aucun visage. C’était juste des heaumes, ou normalement dessous un visage aurait du apparaître, mais là rien. Du néant.  
Les cavaliers étaient proches maintenant. Ils s’immobilisèrent devant le bûcheron.
D’une voix d’outre tombe, l’un deux, mais il ne sut lequel, dit ;
« Nous cherchons Charles Defer. »
« Lui voulez quoi ? »
« Notre Maître désire lui parler. »
« Pourquoi ? »
« Ce sont ces ordres, on ne les discute pas. »
Le bûcheron eut un sourire carnassier. Il resserra sa prise sur sa hache.
« Et comment qu’il s’appelle votre maître ? »
Petit silence. Les trois silhouettes se regardèrent, paraissant communiquer en esprit. Ce qui fit frissonner le bûcheron. Il n’était pas superstitieux heureusement.  Si il existait des morts vivants et des fantômes c’était dû uniquement à de la magie noire, des nécromanciens. Il fit une rapide prière toutefois. Un des cavaliers lui répondit. Lequel ?
« Maître Asofratus. »
A ce nom, le bûcheron frissonna. Et ce n’était pas du au vent.
« Allez vous faire voir ! »
Trois épées furent alors brandis. Les destriers fusèrent vers le bûcheron, alias Charles Defer. Il esquiva un pas de côté et frappa son premier ennemi au ventre, le projetant au sol, tourna sur lui-même et frappa la hanche d’un autre. Le troisième cavalier revenait sur lui. Les deux lames se choquèrent, puis se baissant, Charles trancha les jambes avant du destrier qui s’écroula, projetant du sang sur la neige. Le cavalier roula par terre.
Alors le bûcheron constata que les trois silhouettes étaient debout et venaient sur lui. Il était pourtant certain d’avoir tranché la poitrine du premier et la hanche du second, mais aucun sang ne ruisselait d’une éventuelle plaie. Pourtant, il en avait tapé des brigands avec cette arme et elle avait tranché plus d’un corps, même protégé. Il grommela.
« Créatures maléfiques ! » Et se jeta sur le premier.
Sa lame heurta l’armure, l’homme recula, tomba, mais se releva. Defer fit tournoyer sa hache au-dessus de sa tête. Aucun des trois individus ne bougea.
« Partez d’ici ! »
« Si nous ne pouvons vous  ramener à notre maître, il nous a dit de vous tuer ! »
Ce qui confirmait les soupçons du bûcheron. Il toisa son adversaire et se rua sur lui.  Il abattit plusieurs fois sa hache, mit à terre son ennemi et s’acharna sur lui. Mais la créature se releva. Vexé, Charles le décapita.  Le heaume s’envola et alla retomber dans la neige, s’enfonçant.
Alors de la fumée sortit du casque et se dissipa dans l’air.
Il se tourna vers les deux autres, sourires aux lèvres et se jeta sur eux. Ces ennemis ne purent que se protéger légèrement avant d’être bousculé par le poids de son adversaire. A peine au sol, le bûcheron les décapita.
Il leva alors sa hache au ciel.
« Je te trouverai Asforatus ! Tu n’auras nulle part sur le monde où te cacher ! »

http://img70.imageshack.us/img70/4725/moi19yc.th.jpghttp://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 hadeth
 Messages postés : 262
 Chevalier
 hadeth
  Posté le 04/01/2006 15:15:53
Send a private message to hadeth
  J'aime beaucoup ton histoire Archicon, rapide, concise et riche en combat. C'est un bon petit récit interessant !

Dès qu'un homme est né il est assez vieux pour mourir - Heidegger

http://img295.imageshack.us/img295/377/ornouvellescopie5ia.jpg
 darksharl
 Messages postés : 950
 Seigneur
  Posté le 08/01/2006 12:21:21
Send a private message to darksharl
Il faisait un froid horrible.De grandes brises de vent glacé venaient fouetter les arbres et battre la neige.L'étrange silhouette arriva près du petit village.Ou plutôt de ses cendres.Des vapeurs vertes s'élevaient du sol, tandis que les rares habitations ayant encore assez d'apparence pour porter ce titre se consumaient.La terre étaient battue en de nombreux endroits.Un trou était là, béant, au milieu du village.
L'inquisiteur se saisit de son marteau et envoya rapidement une prière à son dieu.
"Il en reste un! Tuez-le!"
Un homme-rat avait surgi des décombres.Il se tenait vouté, ses petits yeux jaunes malveillants fixant le marteau de l'homme.Un rictus fugitif passa sur le visage du skaven, dévoilant ses dents rongées par le pus et la maladie.Brandissant son glaive, il s'écria:
"Allez-y!"
D'autres de ses semblables étaient apparus d'on ne sait où.Mais aucun ne bougeaient.Le courage légendaire des skavens les forcait à attendre que le premier fasse un pas pour que les autres puissent le suivre.
Lentement, l'humain, voyant que rien ne bougeait, fit quelques pas vers l'un de ces rongeurs attaqués par la maladie.Ledit skaven se décida alors à attaquer, ayant sûrement pensé au fait que la grosse masse pourrait éventuellement lui faire mal si elle s'abattait sur son crâne.Sa hallebarde heurta de plein fouet l'armure du guerrier...qui ne subit aucun dommage.L'ataquant relanca un assaut, frappant d'estoc, mais le guerrier humain pivota d'un quart de tour, ce qui n'eut pour effet que d'arracher sa longue cape rouge.L'inquisiteur réagit alors, envoyant u ncoup circulaire dans la tête du skaven.Celle-ci sembla imploser sous l'impact.
Les skavens décidèrent de charger ensemble l'humain, pour le faire crouler sous le nombre.Ce dernier n'eut pas le temps d'en allonger trois qu'une charge de cavaliers vinrent empaler une dizaine de rongeurs, pour revenir les finir.
L'inquisiteur regarda nonchalamment les cavaliers venus à son secours.
"Des rumeurs concernant l'attaque de ce village nous ont étées apportées.Nous venions nous rendre compte de la situation lorsque nous vous avons vus vous attaquer à ces créatures.Nous vous avons donc apporté notre aide.Quoique visiblement, vous n'en ayiez pas besoin, au vu de votre habileté au combat.
-Quelle était la raison de cette attaque?" demanda l'homme qui pour la première fois ouvrit la bouche.
Sa voix était caverneuse, froide comme l'acier et au moins aussi tranchante.
"-Il semblerait que les forces du chaos lancent une nouvelle invasion.Et les hommes-rats y répondent en essayant de conquérir un plus grand territoire encore.
-Ce serait donc...Une sorte de concours?
-Aussi macabre soit-il...oui.Au fait, votre cape..."
Le cavalier mit pied à terre pour ramasser la longue cape rouge.
"Quelle couleur étrange...On irait...
-Du sang."
A ces mots, le régiment de cavaliers frémit.Les chevaux hennirent et tous tressaillirent, provoquant un cliquetis parmi les amres et les armures.Et le froid n'y était pour rien.
-Du sang! Mais, par Sigmar...
-Ne prononce plus ce mot devant moi!!!"
L'inquisiteur s'empara de sa masse et donne un puissant coup au chevalier.Les autres n'eurent pas le temps de comprendre, que déja...

***

Ajustant sa cape sur ses épaules, l'étrange silhouette se réchauffa près du bûcher que sa magie lui avait permis de créer.Les corps brûlaient bien.
Un concours entre les forces du chaos et celles des hommes-rats? Voilà qui s'annoncait intéressant.Il détruirait le prochain village qu'il rencontrerait pour rétablir l'équilibre avec les skavens.
alors qu'il s'en allait, le symbole sur sa cape changea, laissant apparaître la marque du chaos...

 Peter von Nebelheim
 Modérateur
 Messages postés : 499
 Chevalier
 Peter von Nebelheim
  Posté le 14/01/2006 18:05:46
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Je suis toujours partant quand il s'agit de faire progresser le fluff de Warhammer. Voici mon histoire, tout droit sortie du Dammaz Kron.

         La chute de Kazad Kol


Guri était confiant, tout se passait comme prévu. Autour de lui ses nains étaient embusqués dans le petit bosquet qui surplombait d'une dizaine de pieds la vieille route poussiéreuse.
En contrebas, ignorant le danger, la bande gobelins que lui et ses Rangers pistaient depuis une semaine.
Les pathétiques peaux-vertes déambulaient de ci de là, abandonnant toute forme de discipline, grisés qu'ils étaient par la victoire facile qu'ils avaient remportés au cours de l'après-midi.
Guri chassa de son esprit les cadavres mutilés de ceux qui avaient assouvis les penchants sadiques des gobelins et l'odeur putride du charnier. Il était arrivé trop tard, ce n'était pas de sa faute.
Mais ils allaient payer.
Empoignant silencieusement son arbalète, il sortit un carreau du carquois qui pendait à son côté, et l'encocha, avant de choisir soigneusement un adversaire dans la masse qui grouillait à ses pieds. Autour de lui, ses soldats l'imitèrent et bientôt, une rangée d'arbalètes fut alignée sur les pillards.
"_Bien, murmura Guri, à mon signal les enfants...Maintenant!"
Le sifflement des projectiles déchira le silence de la combe. Les gobelins se retournèrent vers la position des nains, éberlués. Avant qu'ils n'aient pu réagir, une vingtaine d'entre eux gisaient à terre.
"_Rechargez!, hurla Guri, par le Thane et le Roi, qu'il n'en reste pas un!"
Cette fois ci ,ils étaient découverts, mais Guri n'en avait cure. Les grobis se ruèrent vers le bosquet, mais la position avait été soigneusement choisie, et l'embuscade mit en place avec soin. Le coteau abrupte n'offrait que peu de prises, et la vague verte s'englua autour sans pouvoir l'escalader.
Guri visa posément, et son carreau s'envola jusqu'à l'oeil d' un gobelin patibulaire, qui exhortait ses camarades à monter à l'assaut.
"_Assez, assez!, cria Guri à ses Rangers, pour couvrir le vacarme ambiant, les arbalètes ont bien parlé, mais la rage des Khazukan ne s'exprime pleinement qu'à travers leurs soeurs, les haches. Il est temps d'en finir avec ces pitoyables grobis!"
Joignant le geste à la parole, il tira de sa ceinture son arme de poing. Les runes qui parsemaient la lame étincelèrent dans le soleil déclinant, alors que Guri se jetait sur les gobelins, ses soldats à sa suite.

Il atterrit sur le dos d'un de ses ennemis piaillant, et lui brisa l'échine sous ses bottes ferrées. Rugissant en Khazalide, il décapita à tour de bras ses adversaires, tandis que leur sang allait éclabousser les rochers du sentier. Apercevant le chef des pillards, il se rua vers lui, se taillant un chemin à travers les corps des peaux-vertes. Immédiatement, le duel s'engagea, tandis qu'autour des deux commandants, nains et gobelins réglaient leurs dettes millénaires.
Guri frappa violemment d'estoc en direction du cou de son adversaire, mais le grobi para son coup. Ce dernier se fendit alors totalement, cherchant à embrocher le vétéran, mais Guri dévia l'attaque in extremis, se découvrant dangereusement. Profitant de la faille, le gobelin lui assena une volées de frappe de son cimeterre, forçant le Ranger à reculer. Alors qu'il tentait de se garder des assauts de son adversaire, Guri trébucha sur une pierre et s'effondra au sol.
Un rictus cruel passa sur le visage de son ennemi, et il leva bien haut son arme, afin d'achever le nain de la façon la plus visible et démoralisante pour les guerriers adverses.
Guri sauta sur l'occasion, et repliant ses courtes jambes, il se détendit comme un ressort, percutant le peau-verte au ventre. Ce dernier en eut la respiration coupée, et tituba en arrière, cherchant désespérément de l'air. Guri se remit debout, et acheva rapidement le duel.
Une tête verdâtre vola dans les fourrés, roula, puis s'immobilisa finalement, une expression tragique sur le visage.

L'embuscade était terminée, les derniers grobis fuyaient ou étaient achevés par les Rangers. Guri était heureux, aucun envahisseur n'irait brigander autour de sa forteresse, Kazad Kol. Un détail attira soudain son attention: un petit sac fixé à la veste d'un gobelin. Un petit sac comme n'importe quelle bourse ou escarcelle, à l'exception qu'il portait une rune naine, la rune de Kazad Kol...
Un doute affreux le saisit,il courut vers le cadavre, et arracha le trophée. Il déversa son contenu dans sa main calleuse, et coulant comme une rivière dorée, celle ci se remplit d'anneaux, de bracelets, de boucles d'oreille, tous frappés de la rune de sa forteresse, tous maculés de sang. Comble de l'horreur, il reconnut la bague qu'il avait offert à sa femme, quand ils s'étaient unis au temple de Valaya.L'anneau enserrait encore un doigt tranché...
Guri tomba à genoux au milieu de la route jonchée de corps, incapable de détacher son regard de l'anneau et du membre qu'il enserrait. Pourquoi? Comment? Quand? Les questions se bousculaient dans sa tête.
Il fut tiré de ses interrogations par le rire nasillard d'un gobelin qui gisait sur le côté de la butte. Il lui manquait le bras gauche et il saignait abondamment du torse.Sur sa robe maculée, il avait étalé le contenu de sa bourse, elle aussi marquée de la rune de Kazad Kol. Il caressait de façon obscène un doigt sanguinolent, un doigt de nain. Semblant tirer une intense satisfaction de l'expression horrifiée de Guri, il le porta à sa bouche...et ne termina jamais son geste.
Le Ranger s'était en effet relevé et s'était jeté sur lui, le taillant impitoyablement de sa hache, répandant ses chairs, éclatant les organes et brisant ses os, bien après son trépas.
Alerté par le bruit, le régiment de nains accourut vers son chef. Guri se tenait debout, tout recouvert de sang, les yeux fixés sur ce qui restait du gobelin.
Coupant court aux questions qu'ils allaient lui poser, Guri s'élança vers l'est.
"_Venez guerriers, leur lança t'il, l'odeur du sang et le vacarme des combats que nous avons suivi jusqu'ici, à présent nous rappellent à Kazad Kol. Si les présages sont véridiques, notre clan a inscrit son nom en runes de sang dans les pages du Dammaz Kron."
Alarmés par ses propos, les Rangers tentèrent de le faire parler sur la route qui les amenaient au Kazad, mis la seule réponse qu'ils tirèrent de lui fut le mot Grobkaz...

Ils arrivèrent à la forteresse au coeur de la nuit, et tous s'arrêtèrent devant elle, les yeux braqués sur ce qui avait été leur foyer.
Les larges portes vingt fois centenaires étaient au sol, brisées en un millier de fragments. Les flancs de la montagne, autrefois murs nords du bastion,étaient dévastés, criblés d'impact et lacérés, comme si ses fondements s'étaient désagrégés. Les statues des Ancêtres, qui marquaient le début du royaume des Khazukan,étaient renversées, et leurs barbes étaient souillées, et leurs traits effacés à coup de burin.
Guri se rapprocha des portes, suivi de ses hommes, et une odeur de charnier les prit à la gorge. A l'endroit où la lumière de la lune laissait place aux ténèbres de la terre, un grand combat s'était déroulé. Ici gisaient pêle-mêle des corps de gobelins, d'orques, et de monstruosités géantes, dont Guri ignorait le nom.
Cependant, des dizaines de nains étaient allongés pareillement, et leurs armes et leurs armures avaient été volés.
S'approchant encore, Guri reconnut Barek Barbe d'Argent, le seigneur de la forteresse, entourés de sa garde de Marteliers. La mort l'avait pris adossé à la muraille,et des dizaines d'ennemis morts l'entouraient. Son corps avait été sauvagement tailladé, mais les charognards n'avaient pu lui ôter son marteau des mains, tant sa poigne était resserrée autour de son manche.

A la vue de ce carnage, les Rangers tombèrent à genoux au sol, les yeux perdus dans le vide, et leurs armes leurs glissèrent des mains dans un fracas métallique. Mais Guri se tenait debout, le visage dur, les poings serrés. Il était déjà tombé aujourd'hui, et cela ne se reproduirait plus jamais. Se moquant des éventuelles sentinelles laissées par les peaux-vertes, il laissa éclater sa rage, et sa malédiction roula longtemps dans les montagnes avant de s'éteindre. Puis, il saisit une épée courte qui jonchait le sol, et commença à se raser la tête. Quand il ne lui resta plus qu'une bande de cheveux lui traversant le crâne, il s'approcha d'un cadavre de troll, et lui ouvrit une large entaille au niveau du coeur. Récoltant le sang de la bête dans son casque, il s'en servit pour se dresser une crête, ses cheveux blonds se teintant de rouge.Il enleva ensuite son armure et ses bottes, et demeura à demi-nu devant les portes de son Kazad dévasté. Un vent glacé soufflait, mais Guri ne sentait pas sa morsure, pas plus que la douleur de ses pieds entaillés par les roches.
Désormais, il était mort. Un mort criant vengeance au nom des siens.
Il tendit sa paume, et le fil de la lama de sa hache fit jaillir le sang. Tendant sa main ensanglantée vers l'entrée noire et béante, il dit d'une voix forte.
"_Par le sang et le fer, je prends aujourd'hui les dieux à témoin. Je jure de ne plus connaître jamais ni trêve ni repos, tant que n'auront pas été vengé par la mort de leurs ennemis le trépas des guerriers, les supplices des femmes et les larmes des enfants. Moi, Guri Durinson, fait le serment du Tueur!"
Il apposa sa paume sur les portes brisées, puis se tourna vers ses guerriers.
"_Adieu compagnons, leur dit il, nos routes divergent à présent. Vous êtes tout ce qui reste de Kazad Kol, et je vous charge d'une dernière mission. Apportez le marteau du roi à Thorgrim, et faîtes lui le récit de la chute du Pic Sombre. Alors, il viendra achever le travail que je vais commencer maintenant."

Il se retourna vers l'entrée, et s'enfonça dans les ténèbres.

--Message edité par Peter von Nebelheim le 2006-01-22 22:30:00--

Je suis un homme comme toi,et pourtant, j'ai quitté l'humanité. Marchant seul à travers les ombres immenses, je rallie à mon étendard toutes les races qui veulent Le combattre.Je suis le flambeau qui les guide et éloigne la nuit.
Johann Krull

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